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Le philosophe nouvelliste / traduit de l'anglois de Mr. Steele, par A.D.L.C. suivant l'edition d'Amsterdam de 1735
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126 LE PHILOSOPHE

„ pas faìt encore une feule Conquête, & toutes„ mes Compagnes se marient, que je demeure„ fille , avec le chagrin qu’aucun Parti ne s’est v„ présenté, que peut - être même personne n’ait„ pensé à moi.

Ddamire qui Pavoit écoutée avec beaucoupd’attention, lui répondit avec cette finesse qui luiest íì naturelle ; qu '‘elle ne se croyait en rien plus belleque ses Compagnes ; que fa supériorité ne vernit qued’un Eventail qu'elle avoit reçu de sa Mere, sgf quidepuis longtems , étoit dans la famille ; que cet Even-tail donnoit des charmes irrésistible^ à la personne quile pojjedoit , pourvu qu'elle sçut s'en servir ; je vousen fais présent de bon cœur, ajouta-t-elle avec unsouris obligeant; Ce que vous dites est vrai. Il nem'appartient plus déformer de nouveaux desseins fur lescœurs.

Vngulte accepta le présent; remercia bien cellequi le lui faisoit, & la pria sur tout de lui mon-trer l’usage qu’il en falloit faire, puis que c’étoitde là que tout le succez dépendoit. Je le veux,répondit Delamire-, ” Voyez, ma Chere; la prin-,, cipale Figure de cet Eventail est un petit Cu-„ pidon que voilà. Tout le Mystère consiste à„ le laisser voir le moins qu’il sc peut. Les A-„ mans à noces sc défient de tout ce qui a Pair,, de dessein. Vôtre Cupidon , ne fera jamais„ fur de son coup, à moins qu’il ne cache son„ Arc & ses Flèches. Remarquez ce qui sc passe„ dans les lieux d’Assemblées. On díroit, que„ les deux Sex^s s’y rangent en bataille, & s’y„ mesurent des yeux. C’est alors le tems de l’E-„ ventail. Nous 11 ’avons point d’autres Armes,

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