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Le philosophe nouvelliste / traduit de l'anglois de Mr. Steele, par A.D.L.C. suivant l'edition d'Amsterdam de 1735
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J34

LE PHILOSOPHE

mônier, & y trouvant la Place occupée, se tsC-batít modestement à celle de Postillon quivaquoit.

Les illustres de ce Caractère ne nous manquentpas en ce Pais. Jai un de mes Petits Fils quibrille deja en ce genre. Après la Paix de í{yswicíje Penvoyai faire son tour & Italie, en traversantpar le Royaume voisin. A peine sut il débarquéà Calais , qu’il m’écrivit une Relation circonstan-ciée, d u Genie des François, & de leur Gouver-nement Politique. A son retour, je le fis aggre-ger à un Corps de Métier de la Ville. Des lepremier jour de Conseil, opinant après un des an-ciens Membres , il dit avec gravité , que celuiqui vernit de parler ignoroit les Loix de la Compagnie.S’il faut Pen croire, il ne parle jamais des cho-ses qu’il ne soit sur de son fait. Auffi ne par-le-t-il jamais , dit-il , que de ce qu’il entend àfond. II n’est Bourgeois que parmi les Gens deCour, & Homme de Cour que parmi les gensde la Bourgeoisie.

Pour définir en un mot la difference qu’il meparoit y avoir entre la Modestie de PHonnêteHomme timide , & celle du Hardi effronté, jedirai que Pu n ne fait rien qu’avec défiance , &que la Confiance n’abandonne jamais Pautre dansaucun moment de fa vie.

ARTI-