LE PHILOSOPHE
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nôtre Nature, & ne saifoit pas moins d’honreurà nôtre Sexe qu’à l’autre.
„ Le grand Scipion , ajoutai-je , en jugea d; la„ forte, & mérita, par cet endroit, les Kkges',, les plus flatteurs de l’Histoire. II en éíoi de„ son tems à Rome comme il en est aujourdhui„ dans la Granàe-Bretagne. A sombre d’un Itat„ florissant , le Bel Esprit se donnoit carrière, se„ divertissoit au dépens du prochain , & ne faì-„ soit grâce à personne. Cependant je ne fiche,, pas qu’il y eût alors un seul Romain qui fou-„ vât à mordre sur faction de ce Héros dans„ la rencontre suivante.
„ A sage de vingt & quatre ans Scipion rem-„ porta en Espagne , une grande Victoire. II lui„ échut en partage, une grande quantité de Pri-„ sonniers de tout rang & de tout Sexe. Par-„ mi les Captives, étoit une fille charmante, en-„ core dans le printems de son âge & de sà beau-„ té. Le Vainqueur n’étoit pas insensible, & le„ sort des armes sembloit lui avoir aquis tout„ droit, en lui donnant tout pouvoir. II ne vit„ donc point une Esclave si belle sans être épris„ de ses charmes. Mais à la première Vue , il„ découvrit, dans ses yeux, une si grande dou-„ leur mêlée de tant de fierté qu’il voulut savoir
son Histoire. On lui dit que cette Dame étoit„ de la plus haute naissance , & que depuis peu„ elle étoit engagée avec Indibilis , homme d’un„ grand mérite , & des plus grands Seigneurs du„ Pais. Aussitôt qu’il fut cela, le généreux Ro-„ main se mit à la place de l’amant infortuné„ qui alloit perdre uae Epouse si digne d’ètre ai-
„ mée.