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Le philosophe nouvelliste / traduit de l'anglois de Mr. Steele, par A.D.L.C. suivant l'edition d'Amsterdam de 1735
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NOUVELLISTE. Art. XXV. 191

Au sortir de l’Université , ce jeune Hommenonnmé Sauvage, vint au (a) Temple , & s’y jet-ta bientôt dans le train de vie , que goûtent leplus; les gens de son âge ; C’est-à-dire, qu’il vitles ’Donzelles , qu’il but, & qu’il joua. Quantaux deux premiers Vices, il les tenoit de son Pe-re; mais pour le troisième il y fut entraîné parle commerce d’un Myrmidon qui logeoit près delui. Ce que le Père sourniísoit auroit été beaupour un autre ; mais ne soffiroit point pour unGalant Homme à la Moderne. Ses pertes le mi-rent bientôt si bas , qu’il se voyoit perpétuelle-ment assiégé de Créanciers importuns. II falloitdonc en être toujours aux Expediens pour se tire*d’afFaire. II ne savoit plus ni comment continuerfa vie, ni comment s’en retirer. II ne voyoitpas plus de jour à l’un qu’à l’autre. Or commeil ne manque jamais dans le monde de ces per-sonnes charitaibles qui disent aux Gens ce qu’illeur seroit pluis agréable d’ignorer, le Père reçut,de plusieurs ccôtez fidèle avis de ce qui se paisoit.On lui détailla les débauches de son Fils, les Com-pagnies qu’il fïequentoit, ses embarras, & ses fol-les dépenses. Le Bon-Homme en fut navré, nesachant à quoi se refondre. 11 paisoit les jours& les nuits à délibérer fur le parti qu’il devoitprendre. Le sujet ne pouvoit être plus impor-tant. II falloit conserver tout à la fois son Bien,& son Fils. Après de grandes inquiétudes, & degrands combats, il fit réflexion , que la Disetteest le piege ordinaire qui fait que les gens s’enca-

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(a) J’ai remarqué deja que ce lieu est à Londres unecspece de Séminaire pour l’Etude de la Jurisprudence.