NOUVELLISTE. Art. XXVI. 207
site sera plaisir ou non , à celle où l’on entrepour la premiere fois. Vous ne trouverez pointde Maison dans laquelle il n’y ait ou quelqueVieille folle, qui s’est mise en possession cl’y rég-ler tout à tors & à travers, & dont l’Empire nefinit qu’avec la vie , ou quelque jeune Ecervel-lée, qui s’en faisant accroire à cause de sa beau-té , donne toutes ses Sottises pour des Oracles.Je n’ose dire tout ce que j’en pense, parce qu’ilse pourroit bien qu’à l’exemple des autres Vieil-lards, je ne trouve plus rien de beau & de bonque ce qui me parut tel dans ma jeunesse. II estpourtant certain que le goût des Grâces, & de laBeauté est fort baissé à présent. Ce que l’on mamontre aujourd’hui pour des Femmes parfaitementbelles, ne font tout au plus que de jolies per-sonnes qui connurent (a) Sacharijle-, lorsque toutle monde repetoit les beaux Vers qu’elle avoitinspirés j ou (b) Villarie , lors qu’elle voyoit à sespieds un jeune Monarque. Aujourd’hui , l’oncourt & l’on chante des Objets qu’autrefois onauroit renvoyez comme de petites Filletes à laQuenouille ou au Coussin. Elles font proprementmises; aussi le font leurs Servantes. Où est ceport charmant, & cet Air de Majesté? Où fontces attraits irrésistibles de la Personne que leur Es-prit & leur Conversation rendoit, de mon tems,encore plus frappans, & plus animés? Voilà, medit-on, le langage des Vieilles gens. A la bon-ne
(a) Cétoit une Comtesse dont j’ai oublié le nom. Je•rois que c’est celle de Dorset.
(b) C’étoit la Duchesse de Cleveland, Maîtresse dcCharles II. Roi d’Angleterrc.