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Le philosophe nouvelliste / traduit de l'anglois de Mr. Steele, par A.D.L.C. suivant l'edition d'Amsterdam de 1735
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LE PHILOSOPHE

que je proposai à Tabio quand il voulut rebâtir. Jevoulois qu’il abbatit de grands Arbres qui couvrœientson jardin. U ne daigna pas n? écouter, & je fuis sûr,quand il verra vôtre Parterre, vôtre Potager, vos AI.lées , qu’il fera homme à se pendre. Après tout, ilfaut avouer de bonne foi que la disposition de son Ter-rain n’est pas heureuse. Quelque souci qu’il se dmnepour travailler sur votre Modele , cette Situationi luimanquera toujours; & d’ailleurs on n’est heureux quede la seconde main lorsqu?on ne l'est qu’en qualité deCopiste. Il faut être fou à lier , répond Bromeo,pour songer à autre chose en tout cela qu’à se satisfairesoi-même. Pour moi ; je ne cherche qu’à me conten-ter , je fuis l’ostentation , <ss je ne connais rien de plus •imprudent que de se regler sur l’Imagination des autres jcar ce n’est jamais fait. Après ces belles Senten-ces , dès qu’il fait que son Rival l’imite , il n’arien de plus presse que de faire , à fa Maison,des Changemens qui la rendent toujours supéri-eure à celle de l’autre. Tel est leur malheur,qu’ètant tous deux égaux en âge, en biens & engénie, leur émulation ne durera pas moins queleurs jours. 11 y a quelque tems que Tabio s’e-stimoit le plus heureux, parce qu’il étoit le plusriche en Fonds de Terre. II ne te croit pas heu-reux aujourd’hui , parce qu’il vient d’apprendreque Bromeo s’est aquis deux cent Livres Sterlingde rente dans les Fonds de ì’Etat. On trouvera,fans doute, en tout cela, un grand travers d’Ef-prit, à ces deux humeurs paroîtront bien bizar-res. II n’y a pourtant rien de plus ordinaire quede voir des gens qui travaillent bien plus à paf.fer les autres dans le chemin dq la Fortunes

qu’» I