2Z6 LE PHILOSOPHE
„ Chiens n’y vinssent. Si vous aviez fait vôtre,, devoir, vous nous auriez au moins avertis,„ qu’ils venoient. Les Chevaliers d’Industrie font„ à présent sì formidables en ce lieu, qu’ils s’y„ font partagés en deux Bandes, dont l’une est„ celle des Nobles , & l’autre celle des Coramu-,, nés. Dans la première sont les Srs. Gog, Pert ,,,. Paks & Talboi , & la seconde est composée„ d’Officiers Reformés , d’Ignorans Legistes , Sc„ d’autres Echappés des Proíeíììons semblables.„ Les deux Corps, comme vous Dallez voir, ne„ font pas de trop bonne intelligence. II y a,, quelque tems que le Sr. Homfroy arriva ici mu.,, ni de 400. Guinées. A son air novice, & à„ ses manières rustiques , nos gens comprirent„ qu’il étoit leur affaire; car ils se connoissent„ en Physionomie tout autant que les Mendians,„ & v^fcyent d’abord les personnes qu’ils peuvent,, plumer, comme les autres dévinent ceux qui„ leur feront l’aumône. Pert fut le plus heureux„ des deux Troupes. Homfroi le prit pour un„ galant Homme. C’est l’ordinaire qu’un Ours,, mal léché soit charmé d’un Fat, & que faute„ d’experience , & d’usage du monde , il le re- •,, garde comme le plus accompli des Hommes.„ Dans un Caractère si contraire au sien , il ne,, voit rien qui ne fasse envie, & à dire le vrai,„ ce Caractère scroit le sien , s’il osoit ou s’il„ pouvoir le prendre. Ce penchant opéra. Pert,, & Homfroi furent bientôt inséparables, & bien-„ tôt auíïì le dernier fut entierement dépouillé.„ Alors on le vit se promener seul, sans un Sou,, dans fa Poche, & fans Epée. Le lendemain
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