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LE PHILOSOPHE
de penser, & de parler , a soutenu qu’un Ora-teur qui n’a point d’action ne sauroit être Elo-quent & voici de quelles raisons il s’est servi pourappuyer sa These. II faut, a-t-il dit , que le Geste,que le mouvement des yeux, & que la modifi-cation de la Voix concourent à la perfection del’Art Oratoire. 1/Action est , pour un Hommequi parle en Public , ce qu’est la bonne Minepour un Homme qui vient en Compagnie. Quandil ne s’agit que d’un bon Mot, ou d’une Penséebadine, il y a de la finesse à le dire avec autantde sang froid que fi l’on y étoit soi-même insen-sible. Mais les grands sentimens ne peuvent êtrebien exprimés que lorsqu’on paroit les sentir soi-même , & c’est de cela seul qu’ils tirent leurs grâ-ces. Le bon Mot devant être une chose nonattendue, il saut, pour plaire, qu’il n’y paroiííèpoint de dessein, & ce doit être autre chose desDiscours préparés, où l’on ne peut réussir à tou-cher les autres qu’autant que l’on est touché soi-même.
L’Histoire nous en fournit un Exemple bienremarquable. Escbine , fameux Orateur & Athènes,& contemporain de Demoflhene y avoit plaidé con-tre ce dernier une Cause qu’il perdit ; ce qui l’o-bligea de se retirer dans l’Ile de Brodes. L’Eloquen-
ce
ris Episcopaux contre I’Auteur, & les portèrent à l’accuserd’être Ennemi de l’Eglise Anglicane, & ami des Non-Con-formistes. Il se justifie ici-eu exposant ce qu’il pense && de cette Eglise, & des Séparatistes. La vérité est queMr. Steel a toujours été Membre de la Communion Angli-cane, & même Membre zélé, mais fans emportement, &avec counoissance.