Des f ais-Bru.
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tracter des dettes considérables, jusques-là, qu’oncraignoit que l’Etat ne lût tout-à-f'ait hors d’étatde les aquiter; mais quelques années de paix &de repos leur ont suffi pour rétablir leurs finan-ces. Ils ont des ressources si riches & si sûres,qu’il n’est presque pas possible qu’ils manquentjamais d’argent comptant.
La prémière source de leurs richesses consistedans les taxes & lesì'mpóts ordinaires que cha-que Habitant païe à l’Etat. 11 y a tant de sor-tes de taxes en Hollande, qu’on ne met pas unseul plat de poisson, ou d’autres viandes fur latable, qu’il n’ait été taxé pour le moins dix fois.Cependant les Habitans ne s’en plaignent point;la douceur de la liberté leur rend toutes cescharges supportables. Les péages rapportent aussià l’Etat des sommes considérables, par la grandequantité des marchandises qui y entrent & quien sortent. II faut joindre à cela les sommesqui reviennent à l’Etat, des impositions affectéesaux biens fonds : Ces sommes seroient immen-ses, quand même chaque particulier ne païeroitque le centième, ou ledeux-centième denier.
La seconde ressource de l’Etat consiste dansles capitaux qu’un grand nombre de riches Ren-tiers font toujours prêts à avancer à la Républi-que, à trois ou quatre pour cent.
La troisième source, où les Hollandois pui-sent l’or , est la Banque <£ Amsterdam, où presquetoutes les Nations de l’Europe ont des sommes-considérables en dépôt, & dont la Républiquepeut se servir en cas de besoin. Cet avantage %est d’autant plus grand , qu’il ne coûte rien à
l’Etat