De s Afrique. 347
vent. Cette mer n'elì au reste qu’un bras de lagrande Mer d’Arabie. Elle a six cens lieues delong, & fa plus grande largeur n’est que d’envi-ron cent lieues.
11 y a trois siècles, que toutes les marchandi-ses, que les Européens tiroient des Indes Orien-tales, passoient par cette mer, d’ou l’on peut ju-ger, qu’elle étoit très-fréquentée. Elle Pa étébeaucoup moins depuis que les Portugais & lesHollandois ont pris le parti, d’aller aux indes enfaisant le tour des cotes d'Afrique. Cependanton y voit encore beaucoup de vaisseaux, & ils’y est fait jusqu’à présent un commerce assésconsidérable. A f extrémité septentrionale de laMer Rouge est situé le bourg de Suez. De làjusqu’auNii, il y a trente à quarante lieues, &un peu plus jusqu’à la Mer Méditerranée. 11 aété un tems où l’on avqit résolu de joindre cesdeux mers par un canal, mais ^impossibilité depratiquer un canal à travers des terres sablon-neuses , & la hauteur de la Mer Méditerranée,a rendu ce projet inutile. Cependant voici ceque rapporte Mr. Maillet, qui a été Consul deFrance au Caire. L’Histoire, dit-il, de ce Païsm’a appris, qu’immédiarement après la conquê-te , qu’en firent les Arabes,& fous le gouverne-ment d 'Omar Ebn Ella m , on creusa dans le rocun canal, qui d’un bout donnoit dans le Nilproche du Caire, & de l’autre entroit dans laMer Rouge au Suez. Ce canal, qu’on nommoitle canal du Prince des Croians , servoit à transpor-ter à la Mecque toutes les marchandises & lesprovisions que lui fournissoit l’Egypte. On en
voit