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colossade, & toutes couvertes de pierres pré-cieuses. Oii ne pouvoit les fléchir , que par dusang humain. Après qu’on avoit amené devantles Idoles les infortunés, qui dévoient servir devictimes, les Prêtres commençoient par leur ou-vrir la poitrine, & en arrachoient le cœur en-core palpitant, qu’ils jettoient au visage de lastatue. Ils portoient ensuite le corps chés eux*où ils le mangeoient, partie bouilli, & partierôti.
Outre ces deux grandes Idoles, il y avoit danla ville de Méxique environ deux mille simulacres, dont chacun avoit son Temple particuliertous de la même structure. Dans le plus grandde ces Temples il y avoit cinq mille hommesservant au culte idolâtre ; & dans les autres desOfficians à proportion.
Les Prêtres vivoient dans le célibat, &sefai-soient une certaine opération, qui les empêchoitde violer leur vœu. Leur occupation ordinaireconsistoit à faire fumer de l’encens devant cha-que Idole quatre fois par jour, savoir le matin,à midi, le soir & à minuit. Outre cela chaqueparticulier avoit la liberté de se faire une idoledomestique. Pour cela on prenoit de la farinedétrempée avec du sang de petits enfans, &decette pâte on en formoit un simulacre. Celafait, on le teignoit du sang d’une jeune vierge,laquelle on íèndoit en deux avec un rasoir, &dont on offroit le cœur à l’idole. 11 étoit ce-pendant toujours permis à un père de famille,de briser son Idole, ou d’en faire présent à quel-qu’un de ses amis.
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