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Tome IV. Qui traite de l'Asie, de l'Afrique, de l'Amérique & des pais inconnus.
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De P Amérique. ssl

vince de Charcas. qui est la plus riche de toutle Pérou. On y voie

Potose ou Potojì , enlat. ou plùtòt en Grec Argyro-pote , qui est une grande ville, trés-importante & bienpeuplée. On peut assurer, fans risquer d’en trop dire,que c’est la plus riche mine d’argent, qu’il y ait au mon-de. On en fit la découverte en 1540, & voici comment.Un Indien poursuivant un jour une chèvre sauvage,grimpa sur une haute montagne, & comme il se tenoit àun buisson de peur de rouler en bas , la branche qu’ilavoir en main se détacha de terre avec la racine, & dé-couvrit un fond de pur argent. Cette montagne formeun cône , dont la pointe va jusqu’aux nues, & au lieud’herbes ou d’arbrisseaux on n’y voit que de l’argent.Les Espagnols s’empressèrentd’abord à lever ces plaquesd’argent, qui étoient couchées les unes fur les autres jus-qu’à la profondeur d’une toise. Ensuite iìs trouvèrentquatre grandes veines qu’ils suivirent jusqu’à la profon-deur de deux cens toises & qui, à force d’y creuser, setrouvent aujourd’hui presqu’épnísées Le Roi prend lequart detout ce qu’on en tire, & on appelle cela le Qurn.tal Au Roi. Ce droit lui a valu , pendant l’espace dequarante ans, c’est-à-dire, depuis 1547 jusqu’en tySy,onze cens millions de ducats, &tout ce qu’on en a tirédepuis le commencement qu’on y a travaillé jusqu’ert1597, c’est-à-dire, pendant l’espace de cinquante ans,fait une somme de quatre cens trente-six millions de du-cats.

A une petite distance de cette montagne est située laville de Potose, qui par là s’aggrandit si fort, que danspeu detems on put y compter cent cinquante mille ha-bitans. Ce grand nombre est aujourd’hui réduit à dixmille Espagnols, qui ont soixante mille Indiens pour su-jets. Chaque Paroisse est obligée d’y envoler, tous lesans, un certain nombre de personnes qui reviennent à lamaison dès que leur année est finie. Cependant person-ne n’y vaque par force, ^>arce que cet endroit est trèsmal-sain , sur-tout pour les femmes, qui au commen-cement Meuroient toutes pendant leurs couches ; marsenfin elles se sont accoutumées à supporter l’intempcricde l’air. M m 4 Arica,