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Tome IV. Qui traite de l'Asie, de l'Afrique, de l'Amérique & des pais inconnus.
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De VAmérique. sss

On trouve dans le Chili des diamans, des tur-quoises, de l’aiman, la pierred’azur ; &cequ’ily a de plus singulier , c’est qu’on voit dans lesvallées une terre rouge, qui est toute remplie degrains d’or. Pour les trier on met une certainequantité de cette terre dans une caisse , & onverse de Veau dessus, à diverses reprises, jusqu’àce qu’elle ait emmené toute la terre, & que lesgrains d’or, qui font de la grosseur d’une lentille,restent tout purs au fond. Les Espagnols nom-ment ces machines Lavaderos. On a recherchéla cause de la production de ces grains d’or furla superficie de la terre. Les uns prétendent,qu’ils y ont été amenés par les eaux du déluge :mais leur sentiment est insoutenable,, parce que,dans les endroits où l’on a creusé jusqu’à épui-ser la mine, il s’en forme de la nouvelle, qu’ontrouve quelque tems après. II est plus proba-ble , que ces grains d’or viennent des hautesmontagnes voisines, & que dans les tems desgrandes pluies les torrens les charrient dans lesvallons. C’est cette riche production, qui attacheles Espagnols au Chili : car le peu de plaisir &d’avantage, qu’ils en tirent d’ailleurs, leur auroitdepuis longtems fait prendre le parti de Vabare-donner. Au reste ce qu’on appelle villes dans cePaïs, ne font proprement que des villages. IIn’y a point d’autres bêtes de monture, que lesbrebis & les ânes, & les voïageurs font souventtrente lieues & plus fans trouver ni villages nìcabarets.

La partie septentrionale de ce Païs, qui con-fine au Pérou, est nommée proprement Chili. Ce

qui