De P Amérique. s6y
milice, qu’on exerce tous les Dimanches. Encas d’allarme, ils pourroient, en très-peu djetems, mettre en campagne une armée de soi-xante mille hommes, qui infailliblement seroifccommandée par un Révérend Père Jésuite. II ya ordinairement six mille hommes de ces trou-pes fur les frontières, pour empêcher que lesEuropéens, & fur-tout les Espagnols, ne pren-nent aucune connoissance du Pais. Outre celail est défendu à tout Nouveau-converti Rap-prendre la langue Espagnole, & on punit com-me un crime de haute trahison toute communi-cation avec les Espagnols. Les trois vertus, à lapratique desquelles on tâche particulièrementde porter les habitans, font, la communauté desbiens, le mépris du monde, & l’obéïssance aveu-gle aux supérieurs. Avec cela les Jésuites obser-vent trois grandes maximes de Politique, savoirde faire travailler les enfans dès leur plus tendrejeunesse, & d’attirer secrètement dans le Pais lesplus habiles maîtres dans toutes fortes d’arts &de métiers. Dès qu’un jeune homme est en âgede se marier, on lui donne une femme, & cequi est absolument nécessaire pour l’entretien dela vie lui est fourni de la caisse commune. IIfaut convenir, que tout cela est fort propre k lestenir dans une dépendance absolue. Les Pèrestirent ainsi tout le profit des mines d’or, & detout ce qu’il y a de lucratif dans le Pais.
Les Jésuites se sont donnés beaucoup de pei-ne pour porter ces peuples à embrasser la Reli-gion Catholique , & ils en ont bâtisé plusieursmille ; mais ils se sont plaint hautement a la CourNn 4 d’Espagnc,