DES ÉDITEURS: ' xxSf
ítoîíîances qui reftoient encore au monde: l’invention dé Flmprimeriëila protection de Médicis & de François I, raniment les esprits ; & lálumière renaît de toutei parts. ,
L’étude des Langues & de PHistoire abandonnée par nécessité du-rant les siécles d’ignorance, fut la prensiere à laquellë on se livra;L’esprît humain se trouvoit, au sortir de la barbarie, dans une especed’enfance, avide d’accumuler des idées, & incapable pourtant d’etiacquérir d’abord un certain ordre par l’espece d’engourdiísement o àles facultés de l’ame avoient été si iong-tems. De toutes cés facultés ^la mémoire fut celle que l’on cultiva d’abord, parce qu’elle est la plusfacile à satisfaire, & que les connoissances qu’on obtient par son se-cours , font celles qui peuvent le plus aisément être entassées. On necommença donc point par étudier la Nature, ainsi que les premiershommes avoient dû faire : on jotiissoit d’un secours dont ils étoisnfcdépourvus, celui des Ouvrages des Anciens, que ìa généroísié desGrands & l’impression commençoient à rendre communs : on croyoitíi’avoir qu’à lire pour devenir savant ; & il est bien plus aisé de lireque de voir. Ainsi , on dévora sans distinction tout ce que les Anciensnous avoient laissé dans chaque genre: on les traduisit, on les com-itienta ; & par une espece de reconrioissance on se mit à les adorer fansconnoîwe à beaucoup près ce qu’ils valoient.
Delà cette foule d’Erudits , profonds dans les Langues savantes justqu’à dédaigner la leur, qui, comme Pa dit un Auteur célébré, con-hoiffoient tout dans les Anciens, b ors la grâce & la finesse, & qu’uiiVain étalage ^érudition rendort si orgueilleux , parce que les avantagesqui coûtent le moins font assez souvent ceux donc on aime !e plus à separer. C’ëksit une espece de grands Seigneurs qui, fans ressembler parle mérite réel à ceux donc ils tenoient la vie, tiroient beaucoup deVanité de croire leur appartenir. D’ailleurs cette vanité n’étoit point:fans quelque espece de prétexte. Le pays de l’érudition & des faits estinépuisable ; on cròit, pour ainsi dire, voir tous les jours augmente, sirsubstance par les acquisitions que l’on y fait fans peine. Au contrairele pays de la raison & das découvertes est d’une assez petite étendue;& souVent au lieu d’v apprendre ce que l’on ignoroit, on ne parvientà force d’étude , qu’à désapprendre ce qu’ùn croyoit savoir. C’est pour-quoi ^ à mérite fort inégal, un Erudit doit être beaucoup plus vairíqu’un Philosophe , & peut-être qu’un Poète : car I’espritqui invente esttoujours mécontent de ses progrès ; parce qu’il voie au delà ; & les plusgrands génies trouvent souvent dans leur amour propre même un jugesecret, mais sévere , que l’approbation des autres fait tairfe pour quel,ques iristans, mais qu’elle ne parvient jamais à corrompre. On ne doittìonc pas s’étonner que leS Savans dont noirs parlons missent tant déglaire à jouir d’urie Science hérissée, souvent ridicule, & quelquefoisbarbare.
II est vrai que notre siècle qui se cròit destiné à change* les loix entout genre, & à faire justice, ne pense pas fort avantageusement dé
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