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Tome premier. A - AKR.
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ls DISCOURS PRÉLIMINAIRE

La plupart de ces Ouvrages parurent avant le siécle dernier, & nefurent pas tout-à-fait méprises. On trouva que s’ils n’annonqoient pasbeaucoup de génie, ils marquoient au moins du travail & des connoìssan-ccs. Mais que seroit-ce pour nous que ces Encyclopédies? Quel progrèsn’a-t-on pas fait depuis dans les Sciences & dans les Arts ? Combien devérités découvertes aujourd’hui, qu’on n’entrevoyoit pas alors ? La vraiePhilosophie étoit au berceau ; la Géométrie de i’infini n’étoit pas encore ;la Physique expérimentale se montroìt à peine t il n’y avoit point deDialectique; les loix de la faine critique étoíent entièrement ignorées.Les Auteurs célébrés en tout genre dont nous avons parlé dans ce Dis-cours, & leurs illustres disciples, ou n’exiitoient pas, ou n’avoient pasécrjt. L'esprit de recherche & d’émulation n’animoit pas les Savans ;un autre esprit, moins fécond peut-être , niais plus rare, celui de justesse& de méthode , ne s’étoit point soumis les différentes parties de la Litté-rature ; ct les Académies, dont les travaux ont porté si loin les Sciences& les Arts, n’étoient pas instituées.

Si les découvertes des grands hommes & des compagnies savantes dontnous venons de parler, offrirent dans la fuite de puissans secours pourformer un Dictionnaire encyclopédique, il faut avouer auffi que l’aug-mentation prodigieuse des matières rendit, à d’nutres égards , un telOuvrage beaucoup plus difficile. Mais cen’est point à nous à juger si lesfuocdlèurs des premiers Encyclopédistes ont été hardis ou présomptueux;& nous les laisserions tous jouir de leur réputation, fans en excepterEphraïm Chambers le plus connu d’entr’eux, si nous n’avions des rai-sons particulières de peser le mérite de celui-ci.

L’Encyclopedie de Chambers dont on a publié à Londres un si grandnombre d’éditions rapides, cette Encyclopédie qu’on vient de traduiretout récemment en Italien, & qui de notre aveu mérite en Angleterre& chex l’étranger les honneurs qu’on lui rend, n’eút peut-être jamaisété faite, fi avant qu’elle parût en Anglois, nous n’avions eu dans no-tre Langue des Ouvrages où Chambers a puisé sans mesure & sans choixSa plus grande partie des choses dont il a composé son Dictionnaire.Qu’en auroient donc pensé nos François fur une traduction pure & sim-ple ? II eût excité l’indignation des Savans & le cri du Public, à qui oneût présenté sous un titre fastueux & nouveau, que des richesses qu’ilpossédoit depuis long-tems.

Nous ne refusons point à cet Auteur la justice qui lui est due. II abien senti le mérite de l’ordre encyclopédique, ou de Ja chaîne parlaquelle on peut descendre sans interruption des premiers principesd’ur.e Science ou d’un Art jusqu’à ses conséquences les plus éloignées,remonter de ses conséquences les plus éloignées jusqu’à ses premiersprincipes; passer imperceptiblement de cette Science ou de cet Art à«n autre, &, s’il est permis de s’exprimer ainsi , faire fans s’égarer letour du monde littéraire. Nous convenons avec Sut que le plan & ledessein de son Dictionnaire sont excelleras, & que si l’exécution enétoit portée à un certain degré de perfection, il contriboeroit plus lui