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Tome premier. A - AKR.
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îes déposent furies lieux qu’elles arro-sent, & les rendent stériles ou mous.feux. Les eaux marécagenscs font mau-vaises ; & nous appefons de ce nom nonfeulement ! es eaux croupissantes qui sé-journent dans les marais & les terreinsbas, niais encore les eaux de sources &de ruisseaux , qui , arrêtées dans leurscours fur des terres visqueuses, perdentleur propriété végétative & le corrom-pent dans le repos. Les eaux de cette na-ture ne valent rien pour l’irrigation , àmoins qu’elles 11e soient corrigées par lemouvement,

6°. Les eaux chargées de parties vis-queuses peehent par! 'excès rie ces par-ties gluantes : c'est un défaut très-ordi-jiaire aux eaux de puits, à celles quicoulent fur les terres blanches , lourdes& argíHeufes; 'ces terres gluantes &compactes sucent & retiennent l\-aiicomme une éponge , & 11e la rendentqn’après leuravoir communiqué une vis-cosité très-nuísible aux prés, peut-ètremême après avoir absorbés enveloppéses parties végétatives.

Observation générale. Tant qúe leseaux coulait fur un lit de gravier, de sa-ble ou de petits cailloux , elles font debonne qualitc & ne contractent aucunvice , on le perdent d’ordinaire, li ellesenjont eu.

Pour découvrir la viscosité de Peau,onprend une éponge bien lavée, sur laquel-le ou fait tomber, pendant quelquetemps, Peau qu’on se propose réprou-ver. Si elle dépose une matière lisse,huileuse & graisseuse , qui u'elì autrechose que du limon fin & des végétauxdissous, elle est très-bonne. Les eaux vi-cieuses y laissent une viscosité gluante& épaisse qui, à la vue & an toucher, res-semble assez à un blanc d’œup, matièrequi insensiblement durcit le ter rein , enferme les pores & en diminue la fertilité.Ces eaux font très-pernicieufes aux ter-res fortes, mais les terres sablonneusesjieuvent encore en profiter.

7°. Les eaux fatiguées & les eauxcrayeuses font en très-mauvaise réputa-tion parmi les cultivateurs. Les eaux fa-tiguées font celles qui, étant bonnes na-turellement,ont perdu leur fertilité dansleur cours & fur les terres qu’elles ontjimsséesj ou plutôt qui out perdu leur

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fertilité, parce qn’elles ont acquis tropds chaleur, ou qu’elles sc sont chargéesde uarties glutineufes, vitrioliques ouferrugineuses.

Quant aux eaux crayeuses, elles fonttrès-bonnes pour l’irrigation , pourvuqu elles suent imprégnées de véritablecraie , qui convient très-bien fur les ter-res àrgiileuses , & fur toutes celles quiont besoin d’absorbans.

8°. Les eaux crues ou froides à l’excèsfont nuisibles: elles proviennent desneiges ct des glaces fondues, & passentpar des lieux couverts, profonds, ouïesrayons du soleil ne peuvent pénétrer :ces eaux gelent les terres en hiver; eliesarrêtent la seve au printemps & en été ,& occasionnent les mousses.

9°. Les eaux qui gelent profondémenten hiver, font nuisibles en certainstemps ; ce qui dépend autant de la na-ture du terre!» ct de son exposition , queîle la nature de !'eau. Les eaux glaiseu-ses sont particulièrement susceptibles degelée.

lo° Les eaux limoneuses font quel-quefois très-bonnes & d’autres fois très-mauvaifes ; ce qui dépend des substancesqu’elles ont entraînées, ou de la naturedes terres qu’elles doivent abreuver. Unlimon visqueux ne nuit pas aux terressablonneuses, mais il augmente la té-nacité des terres argilleuí'es.

Jc passe fous silence les eaux d’égonts,de fumier, de grands chemins, de rue,de végétaux dissous & d’immondices ;leur excellence pour l'arrose m en t nefera jamais contestéè.

Celles quicharientdes matières homo-gènes aux terres qu’elles doivent arroser,j réussissent rarement sur ces terres-là rmais celles qiîi chaînent des matières hé-térogènes ou différentes , Font uç effetmerveilleux : les eaux troublées par desparties argilleuses, donnent à un prédont le fol est sablonneux, une consistan-ce qui favorise sa fertilité; ct celles quiportent îles parties calcaires , ou du fa-ble fur les terres argillcufes, les rani-ment & les rendent plus meubles.

Les eaux qui découlent immédiate,ment des montagnes, à la fonte des nei.ges, font toujours limonneuses, ma^très-froides, & constamment mauvais esfur les prés qui commencent à pousser.