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Tome premier. A - AKR.
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14° A B R

dans une vallée, dont le fond est occupépar nn ruisseau ou une ríviere qui ser-pente. A Paide d’une écluse,& de canauxplacés de proche en proche aux pointsles plus élevés, on peut arroser toute lacolline avec le même ruisseau.

Si l’on manque de pente pour prendrePeau à Pentrée de la prairie , il faut exa-miner s’il n’y a pas moyen d’en gagner,en faisant prendre le canal de conduiteplus haut.ïel ruisseau qui se perd L quin’est d’aucune utilité, pourroit souvent,avec quelque industrie , fournir des ar-rofemens capables de fertiliser une vasteprairie. C’eft ici où ['agriculteur a prin-cipalement besoin de faire un nivelle-ment exaâ & précis.

11 est presque inutile d’observer que ,pour jeter Peau dans le canal, on barrele ruisseau ou la rivière , & qu’on en faitmonter les eaux par un arrêt ou gradin ,une di^ue , une chaussée plus ou moinsconsidérable, suivant la pente & laquantité d’eau qu’on veut se procurer.

Si la ríviere, on le ruisseau a assezd’eau , ou de courant, on peut par quel-que machine simple , peu conteuse & depetit entretien , en amener Peau sur laprairie qu’on se propose d'abreaver.Celledont le Pere de Châles donne la descrip-tion dans son Traité des machines hydr.prop. XIT. oper. tom. III. fol. 164 , esttrès-íìmp!e,& ne consiste qu’en une seuleroue mise en mouvement par le courantmême de la ríviere : elle a été exécutée àBremî, où, suivant cet auteur , elleftíiiniitquarante-huit muids d’eau à cha-que tour, ce qui donne dans la villetine quantité d'eau très - considérable.Mais comme , dans le fond, ce n’est quele tìmpiin de Vitruve , elle ne fait mon-ter Peau qù’à la hauteur de l’axe.

Si l’on avoit besoin d’une hauteurplus considérable , on pourroit construi-re à godets, ou plutôt à seaux mobiles.Enfin on pourroit le procurer quelque-fois une grande quantité d’eau par lemoyen du vent.

Avant que d’íntroduîre les eaux fur laprairie,il faut la préparer à les recevoir.

1®. La prairie fera tenue bien close.

1°. Elle doit être en défense , & nonassujettieau parcours. Les prés abreuvéssouffrent extrêmement des piés & de ladent des bestiaux.

A B R

3®. Élie sera nette de buissons, detroncs d’arbres & de pierres.

4°. Il Faut autant qu’on peut égaliserle terrein.

Les endroits fangeux, pourris ,& spongieux , seront soigneusementégonttés par des saignées, & desséchéspar des décombres de vieux bâtimens ,par des cendres ou des graviers. Les sai-gnées fe font de différentes maniérés,suivant le besoin & les facilités qu’onpeut avoir.

Quelquefois il suffit de creuser au mi-lieu de Pespace marécageux, un fosséqu’on laisse ouvert. Si on peut lui don-ner de Pécoulement par la pente du ter-rein , il faudra en profiter ; sinon on luien donnera par Papprosondissement &les graduations qu’on y ménage.

Nous avons parlé ci-dessusdes aque-ducs 011 conduites couvertes & de leurformation ; ce sont les pierrées.

Quelquefois on fait une tranchée ,qu’on remplit à moitié de cailloux jetésà l’aventure & fans arrangement, ou defable ou de gravier; 011 les couvre en-suite de mousse, de terre & de gazon.

En d’autres endroits, on emploie deschenaux renversés au fond du fossé , &posés fur de petites traverses de bois dedistance en distance. On peut aussi se ser-vir de prismes faits de deux planchesréunies dans leur longueur, pour for-mer un angle aigu au sommet. Ils fonttenus en réglé par des traverses de bois,& reposent au fond de la tranchée.

On emploie, en certains cas , des qua-drilatères faits de trois planches,& poséscomme les prismes.

D’antres, après avoir fait la tranchéelarge & profonde, la remplissent à moi-tié débranchés vertes de saule, d’aulne ,esc. mais fans feuilles, ou de branchesde sapin avec leurs piquans , arrangées& posées dans lenr longueur. On rem-plit le reste de terre, fans autre pré-caution que de gazonner par dessus.

Enfin, on fait des saignées très-dura-bies de cette maniéré : on creuse un fosséd’un pié de largeur, &de la profondeurconvenable. S’étant procuré dès pieuxde deux ou trois pouces de diamètre &de trois pies ou trois piés & demi de lon-gueur, on les enfonce à quatre ou cinqjpiés de distance dans le fossé, eu dïri-