Band 
Tome premier. A - AKR.
Seite
159
JPEG-Download
 

A B R

re orbîctilairc autour de sombìlic qui estrond & petit, & par lequel elle étoit at-tachée an bard supérieur des batíans dulégume. La peau qui recouvre chaquegraine est coriace, épaisse, & cache fouselle une seconde peau membraneuse,mince, qui enveloppe sembryon, lequelest composé de deux cotylédons hémis-phériques , jaunâtres, appliqués s uncontre l’autre en forme de sphere, auhaut de laquelle est implantée une radi-cule cylindrique fort courte, & cou-chée horizontalement sur le côté.

Sa racine est cylindrique, peu rameu-se , longue de deux à trois pieds, enfon-cée perpendiculairement fous terre , dudiamètre de six lignes, ligneuse, blan-che, dure, pleine, eouverted’une écor-ce épaisse, charnue, brime,, qui se levépar lames membraneuses.

Qualités. Les feuilles de Vabrus, ainsique fa racine mâchées, ont une faveuramere d’abord, qui ensuite tourne endouceur, L approche un peu de celle dela réglisse.

Usages . Ses feuilles passent pour êtrele spécifique des maux de gorge accom-pagnés soit d'enrouement, soitd’inftam-mation; pour cet estât, on en boit sin-fufion, faite en versant dessus de seaubouillante à la maniéré du thé ; mais fadouceur donne des nausées, des enviesde vomir ; & son usage continué pendantplusieurs jours, laisse fur la langue unesensation d’amertume semblable à cellequi annonce que sestomac est surchargédc bile. On s’en gargarise aussi la bouchepour guérir les aphtes. Eu Chine on rap-plique pilée avec du sel & du vinaigresur les parotides, loriqu’elles font en-flées. Prosper Alpin, au chapitre 21 desou Histoire des Plantes de l'Egypte, avan-ce que les Egyptiens font cuire ses grai-nes, & les mangent comme nous man-geons les lentilles ; mais cette assertionest d hantant plus douteuse, qu’au Séné-gal, on cette plante est desplus commu-nes, L où il arrive souvent des faminesou des disettes de grains farineux, lesNcgres en méprisent sillage, ainsi qu'euAmérique & aux iiles Amboines où ellea été transportée depuis un 011 deuxsiécles, parce qu’elle passe pour unenourriture trop venteuse & même per-nicieuse.

Au reste, ces graines font st’iin grand

A B R

is9

usage en Afrique & en Asie eliez fes Or-fèvres. Ils les font macérer & renflerdans seau, puis ils les broyent en leshumectant, jusqn’à ce qu’elles soientréduites en une pâte visqueuse qui renfleconsidérablement, & qu'ils mêlent avecle borax, pour en cimenter les ouvragesd r or auxquefs ils veulent procurer uneplus grande solidité. Au défaut des grai-nes du vrai condori , qui sontfort rares,& qui servent de poids dans les Indes,on se sert de celles de Vabrus , au rapportde Kwnpbe: selon cet auteur, dix cou-da-,-t pèsent un gros ou un écnd’or d’Hol-lande, appelle Aucat, dont il faut dixpour peser un tari ; L il fautdepuis vingt& un jusqu'à vingt-quatre grains de zagaon abrus , pour balancer le poids d’ungros ou de dix condori : de forte qu’uncondori peso un peu plus du double d'unzaga.

Le dernier usage que l'on fait desgraines de Vabrus à cause de leur beauté ,est de les employer dans les parures. LesNegres du Sénégal les percent & les en-filent pour les porter en colliers, en bra-celets, en brodequins, entour de cein-ture; ou bien ils les enchâssent en partiedans de la cire noircie, dont ils bouchentdes cornets ou cornes de gazelles où sontenfermés des gris-gris, L semblablesamulettes qu’ils portent pendus au cou ,aux coudes, ou à leurs côtés. Cet usageest plus ordinaire auxÌVÎarabous ou doc-teurs de la loi, qui en sont presque cou-verts & appesantis, sur-tout lorfqu’ils'partent pour la guerre ou pour quelqueexpédition où leur vie est en danger. Cesgrains ainsi enchâssés à demi, & rangéspar compartimens, montrant, tantôtleurtachenoire qu! représente un œil deserpent, tantôt leur côté rouge, formentlin très-ioli effet.

Culture. Au Sénégal, òù cette planteest extrêmement commune dans lesbroussailles, & sur-tout dans les fable»au milieu des gommiers, on ne la cultivepoint ; elle y fleurit en Novembre & enDécembre, & mûrit eh Février : mais oala cultive dans nombre de pays pour entfaire des tonnelles on des berceaux k,cause de la beauté de fa verdure , & de la.couleur frappante de ses graines qui res-tent long-tems après l’ouverttrre de leurslégumes, & qui imitent l’éclat du feu ostds f écarlate. C'est ainíl qus líonorius