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que j’en ai, je rassemble sans exceptiontous les traits; toutes les idées distinctesque m’offre !a personne , j’ai une idéeindividuelle qui ne convient qu'à ce féulobjet; ii je retranche de cette idée celledu numéro de son nom , polir ne conser-ver que cc qu’il a de commun avec tousles rois de fa maison qui se sont nom-més Louis, l’idée que je me forme par-lé est une idée abstraite , qui convient àtous les rois de France qui se sontnommés Louis■ Si je retranche de cetteidée ce qui n’a été commun qu’aux roisnommés Louis, pour ne garder que cequi est commun aux rois de France dela race Capétienne, j'aurai une idéeplus abstraite d’une compréhension plusrestreinte, mais d’une plus grande éten-due , qui embrassera tous les rois qui<mt régné en France depuis Hugues Ca-pet. Si je retranche ou abstrais de cetteidée tout ce qui est particulier à chaquerace , pour ne joindre à l’idée de roique celle de la domination fur le royau-me de France, mon idée fera plus abs-traite, & conviendra à tous les rois deFrance fans exception. Qne j’abstraieencore de cette idée toute idée dedomination fur un pmys plutôt que furlin autre, toute idée du temps ancienou moderne , mon idée devient tou-jours plus abstraite, d’une compréhen-sion moins composée, mais en mêmetemps d’une étendue plus vaste, puis-qu’elle sera applicable à tous les rois quiont régné fur la terre depuis le som-ïneueetnent. & qui y régneront jusqn'àla lin. Voilà une premicre face sous la-quelle on peut envisager les idées abstrai-tes, & qui nous les offre comme plus oumoins abstraites-, relativement à leurcompréhension & à leur étendue. Plusla compréhension est restreinte , plusl’extension augmente , plus l’idée estabstraite.
Les idées métaphysiques font aussiplus ou moins abstraites , relativement âla nature des objets qu’elles représen-tent.
Les idées métaphysiques moinsabstraites , font celles qui représententles diverses natures communes des êtres ,& qui font formées fur les modelés dosindividus exista us réellement dans lanature : telles sont les idées généralesd’homme, de cheval, de pigeon , de
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métal, d’esprit. On peut donner à ce#idées le nom d’idées abstraites corpo-relles ou spirituelles, suivant la natu-re corporelle ou spirituelle des êtresqu’elles comprennent dans leur exten-sion quoiqu’elles ne représentent pasparfaitement ces êtres , puisque, dansleur compréhension , on ne fait entrerque les idées des traits par lesquelschacun des individus de l’espece se res-semble.
2 U . On peut placer dans le secondrang des idées abstraites, celles qui ontpour objet les modes, les propriétés desêtres, envisagées en générai & séparé-ment des substances, ou les substancesdes êtres considérées en général & sépa-rément des qualités, des propriétés & desmodes; comme fout les idées abstraitesde figure, de couleur, de mouvement,de la puissance, de Faction, de l'existen-ce , de l’éteiulue ,de la pensée, de substan-ce , d’eísence, fisc.
3°. Moins les objets des idées abstrai-tes ont de tésAité, L plus est considérableles degrés d’ahftraction : je serai doncautorisé par cette réglé, à placer dans untroisième rang, &, par-làmême, d'affi-gner un degré plus élevé d’abstractionaux idées qui n’ontpour objet que les re-lations qui subsistent ou peuvent sub-sister entre les êtres : je les acquiers encomparant un être à un autre , en obser-vant les circonstances dans lesquelles unêtre est par rapport à l’autre, & enfin enséparant l’idée de ces relations de celledes êtres entre lesquels je les ai apper-ques : telles font les idées de cause , d’es-se t , de ressemblance, de différence, detout, de partie , fisc.
4®. Si les idées de cause, de substance,de mode, sont déja par elles-mémes desidées abstraites, les idées de causalité,de substantìalité , de modalité , serontplus abstraites encore ; car ces mots nesignifient pas la chose même, mais seu-lement nne maniéré de considérer unechose comme cause, comme substance ,comme mode. Dans ce rang on peutmettre les idées générales de genres ,d’eípeces, de nom, de pronom, de ver-be , fisc. & une multitude d'autresidéesqui entrent dans le discours des gens ducommun, aussi-biert que des savans.
Remarquons ici que ies idées de caisse,d’effet, de substance , de mode, de diffé-rence ,