A C A
sans cesse à perfectionner. La devise <secette académie eit A l'immortalité.
Académie Royale des Inscrip-tions et Belles-Lettres. A quel-que degré de gloire que la France fùtparvenue sous les regnes de Henri IV& de Louis XIII , & particulièrementaprès la paix des Pyrénées & le mariagede Louis XIV , elle n'avoit pas encoreété assez occupée du foin de laisser à lapostérité une juste idée de fa grandeur.Les actions les plus brillantes, les évé-nemens les plus mémorables , étoientoubliés, ou couraient risque de l’être,parce qu’on négligeoit d’en consacrer lesouvenir sur le marbre & sur le bronze.Enfin on voyoit peu de monumens pu-blics , & ce petit nombre même avoitété jusques-là comme abandonné à l’igno-rance ou à l’indiícrétion de quelquesparticuliers.
Le roi regarda donc comme un avan-tage pour la nation, Rétablissement d’n-ne académie qui travaillerait aux ins-criptions , aux devises , aux médailles ,& qui répandrait fur tous ces monu-mens, le bon goût & la noble simplicitéqui en font le véritable prix. II formad’abord cette compagnie d’uti petit nom-bre d’hommes choisis dans Yacadémiefranqoise, qui commenceront à s’afsem-bler dans la bibliothèque de M. Ful-bert , par qui ils recevoient les ordresde Sa Majesté.
Le jour des assemblées n’étoit pas dé-terminé ; mais le plus ordinaire au moinspendant l’hiver étoit le mercredi, parceque c'étoit le plus commode pour M.Fulbert, qui s’y trouvoit presque tou-jours. En été ce ministre menoit souventles académiciens à Sceaux, pour donnerplus d’agrémentà leurs conférences, &pour en jouir lui-même avec plus detranquillité.
On compte entre les premiers travauxde Yacadémie le sujet des desseins des ta-pisseries du roi, tels qn’on les volt dansle recueil d’estampes & de descriptionsqui en a été publié.
, M. Perrault fut ensuite chargé en par-ticulier de la description du Carrousel ;& après qu’elle eut passé par l’examen dela compagnie, elle fut pareillement im-primée avee les figures.
On commença à faire des devises pourles jetons du trésor royal des parties
A C A 227
cafuelles , des bâtimens & de la mari-ne ; & tous les ans on en donna denouvelles.
Eufin on entreprit de faire par mé-dailles une histoire suivie des principauxévénemens du régné du roi. La matièreétoit ample & magnifique ; mais il étoitdifficile de la bien mettre en œuvre. Lesanciens, dont il nous reste tant de mé-dailles, n’ont laissé fur cela d’autres ré-glés que leurs médailles mémes, quijus-ques-ià n’avoient guere été recherchéesque pour la beauté du travail, & étu-diées que par rapport aux connoissancesde l’histoire. Les modernes qui en avoientfrappé un grand nombre depuis deuxsiécles , s’étoient. peu embarrassés desréglés ; ils n’en avoient suivi, ils n’cnavoient prescrit aucune ; & dans les re-cueils de ce geure, à peine trouvoit-ontrois ou quatre pieces où le génie eutheureusement suppléé à la méthode.
La difficulté de pousser tout d’un coupà sa perfection un art si négligé, ne Futpas la feule raison qui empêcha Yacadé-mie de beaucoup avancer sous M. Col-bert l’histoire du roi par médailles : ilappliquoit à mille antres usages les lu-mières de la compagnie. 11 y Faisait con-tinuellement inventer ou examiner lesdifférens desseins de peinture & de sculp-ture dont on vouloit embellir Versailles.On y régloit le choix & l’ordrc des sta-tues; on y consultoit ce que l’on propo-soit pour la décoration des appartenions& polir l'embelliffement des jardins.
On avoit encore chargé Yacadémie . defaire graver le plan & les principalesvues des maisons royales, & d’y joindredes descriptions. Les gravures en étoientfort avancées, & les descriptions étoientpresque faites quand M. Coibert mourut.
On devoit de méme faire graver leplan&les vues des places conquises, &y joindre une histoire de chaque ville &de chaque conquête ; mais ce projet n’eutpas plus de fuite que le précédent.
M. Coibert mourut en 168Z, & M. deLouvois lui succéda dans la charge desur-intendant des bâtimens. Ce ministreayant su que M. l’abbé Tailemant étoitchargé des inscriptions qu’on devoitmettre au-dessous des tableaux de la ga-lerie de Versailles, & qu’on vouloitfaire paraître autour du roi, le mandaauffi-tôt à Fontainebleau où la courfî