z 02 A C C
ses propres accident, mais avec ceuxd’unc autre,elle ne seroit plus telle subs-tance que l’on annonqoit d’abord , maiselle ferait la substance dont elle auraitles accident , puisque les accident ne sontque la substance modifiée, c'est-à dire,un être qui existe de telle maniéré. Uncercle ne peut pas exister cercle & avoirles accident d'nn triangle; car fi l’especerenfermée dans la circonférence a Icsaccident d’un triangle, c’est un triangle& non pas un cercle. Si ce qui existe cntel lieu ales accident i'uac pierre, ce n’estpas de sar, c’est une pierre. Mais, dira-t-on,Ia toute-puissance divine nepeut-ellepas faire que de for existe avec les acci-íte«íd'unepierre,cn sortcqne les accidentde l’or & la substance de îa pierre soientanéantis, & qu’il n’existe pins dans celieu que la substance de l’or & les acci-dent de la pierre? Je me garderai biende dire , la toute-puissance peut ou nepeut pas faire une telle transmutation ;inais je dirai toujours. l". 11 n’y a pointdiaccidtns là où rien n’existe. 2°. Rienn’cxiste là où il n’y a aucune maniéréd’être , aucun accident, g’ 9 . Les accidentqui existent ne font qne la substancemême modifiée. 4". Ce qui constitue s es-sence d’un substance , c’est la maniéréd'étre, 011 la réunion de ses accident ,5°. Ce font les accident seuls d’une subs-tance qui pour moi constituent un telêtre, & non un autre. Là où il n’y a queles accident d’une pierre , il n’y a pourmoi qu’une pierre , & il est impossibleque j'y conçoive autre chose qu'iinc pier-re , en sorte que fi là où existoit un mor-ceau d’or , c’est-à-dire, un être dont lesaccident font ceuxde l’or, on sait existerles accident d’nne pierre , eet être n’estplus pour moi de l’or , c’eft une pierre.Je terminerai ces réflexions par la pen-sée du pere BufSer: la modification de lasubstance n’étar.t qne la substance mêmemodifiée , demander fi la modificationpeut se trouver sans la substance, c’estdemander fi la modification peut êtresans la modification , si la substance peutse trouver sans la substance. Chap. 21.de la ìJ partie , § ZZ8-
2°. Pour répandre plus de jour furcette matière, il saut considérer que leterme accident se prend souvent dans unsens plus restreint, peur désigner les
A C C
attributs non essentiels d’ime chose ,c’est-à-dire, ces qualités, attributs,modifications , maniérés d’étre , fanslesquelles une chose reste la même pourle fond. Le mouvement dans une bouled’or , peut continuer, cesser , se ralen-tir , s’accélérer , changer de direction ,fans que pour cela cette boule cesse d’ê-tre One telle bouie d’or, Du papier peutêtre bleu, blanc, rouge ou noir fanscesser d’étrt du papier. O11 peut nommerces maniérés d’étre modifications acci-dentelles. Une chose peut exister sanstelle ou telle modification de cette espe-ce , la recevoir 011 la perdre sans cesserd’étre la même substance.
Si a u contraire la modification à la-quelle je pense, fait partie de ee qui estessentiel à la chose , celle-ci ne peut pasexister fans cet accident , parce qu'aiorsil est un accident essentiel.
On auroit moins disputé fur les acci-dent, si l’on avoit bien distingué danstous les cas ces deux genres de modifi-cations. Je doute an moins que l’on eûtjamais agité de part & d’autreavec viva-cité cette question ; la substance petit—elle exister sans ses modifications, oules modifications fans la substance ? Laréponse eût été aisée. S’agit-il des modi-fications essentielles , des accident eilgénérai? nulle substance n’est possiblesans eux , à moins que vous n’admettiezla possibilité île l’exittence, là où vousne supposez aucune maniéré d'étre.S’agit-ií des modifications accidentelles011 non essentielles? une substance peuten être dépouillée sans cesser d'étre Umême. Remarquez cependant que cetteassertion n’est pas vraie absolument.On peut ôter à une substance un attributnon essentiel, une modification acciden-telle sans la détruire ; mais vous ne pou-vez détruire un de ces accïdens fans lesremplacer par un autre. On peut bienconcevoir une substance dont on 11e con-ss d ere que l’essence , ou les attributsessentiels, mais ce n’est que par l’abstraotiou de toutes les modifications acciden-telles qui n’en existent pas moins, &fans lesquelles i! n’est pas possible que lasubstance existe. On peut les changer;mais ta destruction de l’une est toujoursla production d’une autre. La boule d’orreste la même , quoiqu’elle cesse d'étre