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Tome premier. A - AKR.
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intérêts. Ils s'unirent aux Etoliens &aux Athéniens pour délivrer leur com-mune patrie de ee fléau de l’humanité.Mais trop foibles pour se soustraire àses fureurs, ils implorèrent l’affistancedes Romains, qui saisirent cette occa-sion d’ètre les arbitres de la Grece. Phi-lippe , fans amis & fans alliés, succom-ba sous les coups de tant d’ennemis ; &vaincu dans la Thessalie, il fut obligéde souscrire aux conditions que le vain-queur daigna lui imposer. Le généralRomain se rendit aux jeux lsthmiqucspour en faire publier les articles dontle plus intéressant déclarait libres tou-tes les villes de la Grece, & les autori-sait à se gouverner par leurs loix & leursusages.

Quand le hérault fit fa proclamation,tous les Grecs, saisis de joie, uesavoientfi c’étoit un songe ou une réalité. 11sprient le hérault de répéter l’article quifaisoit d’un peuple asservi un peuplelibre. Tout retentit alors d’applaudisse-mens. Les Grecs , toujours extrêmes ,font éclater des transports de joie qu' oneut plutôt pris pour des vapeurs de l’i-vresse que pour des témoignages de re-connaissances envers le général Romain :chacun s’empressoit de lui baiser la majo&de le couronner de fleurs. On ne pou-voit concevoir qu’il y eût un peuple as-sez généreux pour traverser les mers,pour immoler son repos, & sacrifier sesrichesses, fans autre motif que de rendreà l’humanité son indépendance & sesprérogatives naturelles. La même pro-clamation fut faite aux jeux Néméens.La justice fut réformée dans toutes lesvilles, les bannis furent rappelles. Cettepolitique bienfaisante étendoit la gloiredes Romains, & préparoit leur puissan-ce. Leur modération s’étendit jusquesfur Nabis , tyran de Lacédémone, &fur les Etoliens, également détestésdans la Grece. Mais le système de laRépublique Romaine , étoit de laisserleurs vices aux peuples qu elle vouloitasservir ; & dans le temps qu’elle don-noit à chaque ville fa liberté, elle leurdéfendait de former des alliances ensem-ble, afin qu’étant divisées par l’intérét,elle pût se servir des uns pour faire la,loi aux autres. Rome, enrichie des dé-pouilles de Carthage, s'en servit pouracheter des traîtres qui qevinrent lesTonte I, Tarde II,

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artisans des fers de leur patrie. Tous lesdifférends furent soumis à la décision deces fiers tyrans, qui, fous le titre de pro-tecteurs des Grecs , les accoutumoientà les reconnoitre pour arbitres. LesAchéens conservèrent encore quelquetemps une ombre de liberté ; mais on crai-gnit qu’en les lassant plus- long - tempsjouir de leurs prospérités, ils 11 e fissentsouvenir la Grece de son ancienne indé-pendance, & leur exemple contagieuxalarma les Romains, accoutumés à trai-ter leurs alliés en sujets; comme c’étoitle seul peuple à qui il restât des vertus,il parut suspect. Les Achéens s’apperçu-rent trop tard que pour le venger d’unennemi dont ils pouvoient balancer lapuissance, ils s'étoient donné un maîtreà qui il falloit obéir, ferlée, monté furle trône de Macédoine, lassa concevoirà la Grece l’eí'pérance de se relever de sacluite. Mais ce prince , assez ambitieuxpour former de grands projets, & tropfoible pour les exécuter, servit d’orne-meut au triomphe de Paul - Emile. LaMacédoine , dominatrice autrefois del’Aíie, Fut réduite en province Romaine.Ses habitans dispersés firent craindre auxGrecs une pareille destinée , s’ils osoientréclamer leurs droits. Les Achéens, seulslibres & vertueux , en voulurent userpour réprimer les Spartiates,, op pressenrsde leurs alliés. Rome leur 'ordonna demettre bas les armes, & de ne plus trou-bler la tranquillité de la Grece. Cet ordreétoit un attentat contre un peuple libre.Les Achéens aigris par les clameurs sédi-tieuses de Diéus & de Critoiaiis, se dissi-mulèrent leur faiblesse, pour n’étre sen-sibles qu’aux atteintes données à leursprivilèges. Rome, ayant besoin de toutesfes forces contre Carthage, leur parut peuredoutable. Métellus uíâ de ia plus gran-de modération pour leur inspirer des sen-timeus pacifiques. 11s crurent qu’ilsétoientcraints, parce qu’ils sc virent re-cherchés. Métellus, réduit à la nécessitéde combattre, les joint dans la Loeride ,

& leur faiteilìiyer une honteuse défaite.Critoiaiis perdit la vie. Diéus, fou colle- )gue, rassembla les débris de son armée,

& fait prendre les armes aux eiclaves.Mummius, nouveau consul, marcha con-tre lui. Los Achéens furent taillés en pie-ces. Diéus, défeiperé de fa défaite, s’en-fuitavec précipitation à Mégalopoles, fa