424 A C I
est toute pénétrée de feu. On la pousséjusqu’au rouge-blanc ; on la retire, on laroule dans le fable, on lui donne quel-ques coups de marteau à main, puis on laporte fous le martinet. On forge toute lapartie qui est hors de la tenaille ; on luidonne une forme quarrée de deux poucesde diamètre, fur trois ou quatre de long ;& on la reprend par ce bout forgé , avecles mêmes tenailles pour faire une sem-blable opération sur la partie qui étoitenfermée dans les tenailles. Cette ma-nœuvre fe réitéré trois ou quatre fois ,jufqu’à ce que le Forgeron fente que famatière 1e forge aisément, sans se fendreni casser. Toute cette opération deman-de encore une grande expérience de main& d’œil pour ménager le fer en le for-geant, & juger, à la couleur , du de-gré de chaleur qu’il doit avoir pour êtreforgé. ^
Après toutes ces opérations, on le for-ge fortement sous le martinet. II est enétat de n’étre plus ménagé : on f alongeen une barre de deux piés & demi ou troispiés, qu’on coupe encore en deux parties,& qu’on remet ensemble an même feu,saisies chacune dans une tenaille diffé-rente ; on les pousse jusqu’au rouge-blanc , & on les alonge encore en barresplus longues, & plus menues , qu’oujette austî-tót dans l’eau pour les tremper.
Jusques là ce n’est encore que de l 'acierbrut, bon pour des inltrumens grossiers,commg bêches, focs de charrues, pioches,Sfc. Dáns cet état il a le grain gros, &est encore mêlé de fer. On apporte cesbarres d 'acier brut dans une autre usine,qu’on appelle ujfmerie. Quand elles yfont arrivées, on les casse en morceauxde la longueur de cinq à six pouces ;on remplit alors 1e creuset de charbonde terre jusqu’un peu ati dessus de latuyère, observant de ne la pas boucher.On tape le charbon pour le presser &eu faire un lit solide fur lequel on ar-range ces derniers morceaux en formede grillage, posés les uns fur les autrespar leurs extrémités, fans que les côtéssc touchent; on en met jnfqu’à quatre"on cinq rangs en hauteur, ce qui formeun prilme ; puis on environne 1e toutde charbon de terre pilé & mouillé, cequi forme nue croûte ou calotte autourde ce petit édifice. Cetro croûte dure au-tant que le telle de l’opération , parce
A C I
qu’on a foin de l’entretenir & de la re-nouvellera mesure que le fen la détruit.Son usage est de concentrer la chaleur,L de donner un feu de réverbère. Aprèstrois ou quatre heures , les morceauxfont suffisamment chauds ; on les porteses uns après ses antres fous le martinet,où on les alonge en lames plates, quel’on trempe auísi-tôt qu’elles sortent dedessous se martinet. On observe cepen-dant d’en tirer deux plus fortes & plusépaisses que les autres , auxquelles ondonne une légere courbure, & que l'onne trempe point. Le grain de ces lainesest un peu plus fin que celui de Vacierbrut.
Ces lames font encore brisées en mor-ceaux de tontes longueurs; il n’y a queses deux sortes qui restent comme ellesfout On rassemble tous les autres frag-mens; on ses rejoint bout à bout L platcontre plat, & on les enchâsse entre lesdeux longues lames non trempées. Letout est saisi dans des tenailles, & portéà un feu de charbon de terre comme leprécédent. On pouffe cette matière àgrand feu ; & quand on juge qu’elle ya demeuré assez long-temps , on la portefous le martinet. On ne lui fait supporterd’ahord que des coups légers, qui fontprécédés de quelques coups de marteauà main. II n’est alors question que de rap-procher ses fragmens les uns des autres,& de les souder. On reporte cette pinceau feu, on la pousse encore au rouge-blanc, on la riporte sous le martinet;on la frappe un peu plus fort que la pre-mière fois ; on alonge les parties des frag-mens qui saillent hors de la pince; on leurfait prendre par le bout la figure d’nnprisme quarré. On retire cette masse avecdes pinces ; on la saisit avec une tenaillepar le prisme quarré, & l’on fait souffrirau reste le même travail : c’est ainsique l’on s’v prend pour faire du toutune lougue'barre que l’on replie encoreune fois fur elle-même pour la souderderechef; du nouveau prisme qui en pro-vient, on forme des barres d'im pouceoud’un demi-pouce d’équarrissage, quel’on trempe & qui sont converties cnacier parfait. I.aperfeftiOn de Vacier dé-pend , en grande partie, de la derniereopération. Le fer , ou plutôt l’étossefaite de petits fragmens, veut être te-nue dans un feu violent, arrosée souvent
d’argille