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Tome premier. A - AKR.
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ACT

(fuite pendule. Le dialogue marque lessecondes, les fccnes marquent les mi-nutes , les actes répondent anx heures.C’cst pour n’avoir pas observé ce pro-grès ienCible & continu , que l’on s’estli souvent trouvé à froid, On esperefemplir les yuides par des détails ingé-nieux; mais f intérêt languit; & l’onpeut dire d.e l’intérêt, ce qu’un poètecélébré a dit de l’ame ; que c’est un feuqu'il faut nourrir qui s'éteint s’il ne

s'augmente.

L’uíage établi de donner cinq actes àla tragédie, n’est ni allez fondé pourfaire loi , ni assez dénué de raison pourêtre banni du théâtre. Quand le sujetpeut les fournir , cinq ailes donnent àî’action une étendue avantageuse s degrands événemens y trouvent place; dcgrands intérêts & de grands caractèress’y développent en liberté ; les situationss’amenent, les incidcns s’annoncent,les sentimens n’oiit rien de brusque & deheurté, le mouvement des pallions atout le tems de s’accélérer, & Pintérétde croître jusqu’au dernier degré de pa-thétique & de chaleur. On a éprouvéque l’ame des spectateurs peut suffire àl’attention , à filhision, à l’émotion queproduit un spectacle de cette durée; Líi faction de la comédie semble très-bien s’accoinmoder de la division en troisailes, faction de la tragédie semble pré-férer la division en cinq ailes, à cause desa majesté, & des vastes ressorts qu’ellevent pouvoir faire agir.

Mais le sujet peut être naturellementtel que , ne donnant lieu qu’à deux outrois repos , il 11e soit susceptible aussique de deux 011 trois situations assez for-tes pour établir les degrps de faction.Alprs faut-il abandonner ce sujet , s’ilest pathétique, intéressant & fécond enbeautés? on faut-i! le charger d’i u ci-el eu s & descencs éuisodiques ? Ni f unni Pautre. II faut dernier à faction fajuste étendue , suivre la loi de la nature,préférable à celle de fart ; & le publicqui se plaindrait qii’011 s'est éloigne del’usage, ferait le tyran du génie, & f en-nemi de ses propres plaisirs.

II en est de même de la division en|leux slctfí pour de petites comédies: ellen’pst pas bien favorable; mais la naturegq sujet ? heureux d’ailleurs, peut l’exi-

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ger; & rien de ce qui peut plaire ne doitêtre interdit aux arts.

Eschyle, f inventeur de la tragédie,avoit négligé de la diviser en ailes, II ya bien dans ses pieces des intervallesocCupés.par le chœur, mais faus divi-sions symmétriques ; & lorsqtl’on a vou-lu y en mettre , on a coupé faction dansdes endroits oít évidemment elle étoîfcçontinue , comme du quatrième au cin-quième octe de Prométhée. Dans ta fuiteles poètes grecs se sont prescrit la divi-sion en cinq ailes-, mais on voit que lesintermèdesétoientoccupés par le chœur?& si l’on baissait la toile à la fin desoctf*,ce n’étoit guere que dans les cas où lechangement de lieu exigeait un change-ment dc décoration,

Pendant les intervalles qui se rencon-trent entre les actes , le théâtre reste va-cant , & il ne se passe aucune action sousles yeux des spectateurs; mais 011 sup-pose qu’il s’en passe hors de la portée deleur vue quelqu’une relative à la piece ,& dontles actes suívansles informeront.

Quanta la durée, il suffit qu’il n’y aifcpas d’un acte à f autre une inégalité tropsensible ; & f étendue de chacun se trou-ve ainii proportionnée à celle de la pie-çe, qui, chez nous, peut aller dadouze à dix-huit cents vers. Voyez En-tr'acte. ( Article de M. Marmontel.')

§ Acte , 31 ujìque, partie d’un opé-ra séparée d’une autre dans la représen-tation , par un espace appelle entr’acte.Voyez Entr’acte, Musique.

L’unité de tems & de lieu doit êtreaussi rigoureusement observée dans unacte d’opéra , que dans nue tragédie en-tiere dn genre ordinaire , & même plusà certains égards ; car le poète ne doitpoint dgnner à un acte d’opéra 1111e duréehypothétique plus longue que celle qu’ila réellement , pSrce qu’on ne peut sup-poser que ce qui se passe sous nos yeuxdure plus long-tems que nans ne levoyons dprer en esset ; mais |1 dépenddu musicien de précipiter ou ralentirfaction jusqu’à un certain point, pouraugmenter la vraisemblance ou l’inté-rêt ; liberté quifoblige à bien étudierla gradation des pallions théâtrales , letems qu’il faut pour les développer, ce-lui où le progrès est au plus haut point,où il convient de s’arrccer, pour próve-