Band 
Tome premier. A - AKR.
Seite
518
JPEG-Download
 

'fi8

A D M

-treindrc l 'admiration au sentiment fininaît de la considération d’nne force ex-traordinaire & inconnue. Dans ce sens ,Xadntiration pourroit être nommée unepassion de l'efprit , car elle a ceci decommun avec les passions , qu’elle estaccompagnée d’un effort inquiet , quitend à élever nos conceptions à la hau-teur de l’objet qui nous occupe. C’estpar cette considération fans doute , queDescartes a mis Vadmiration dans laclasse des passions. Wolf, au contraire,l’erí a exclue , par la raison _ que cesentiment , malgré sa vivacité , n’estaccompagné ni de désir , ni d’avcrsionpour l’objet qu’on admire , bien qu’ilsemble qu'on éprouve quelque chose d’a-nalogue.

Quoi qu’il en soit, il est incontesta-ble que Vadmiration est un sentimenttrcs-vif, & qui par conséquent peut être- du plus grand usage pour porter l’hom-me ap bien ,& le détourner du mal. Acet égard, c’est un des sentimens queles beaux-arts doivent savoir exciter. Lemal porté à un certain degré, est auffipropre que le bien, à produire ce mou-vement. La méchanceté extraordinairedu satan de Milton & de Klopstock, oucelle de certains personnages tragiquesde Shakeípear, excitent en nous uneadmiration toute auffi forte , que le ca-ractère le plus sublime d’un héros ver-tueux pourroit le faire. La feule diffé-rence est dans l’effet : nous abhorrons &détestons les premiers, nous respectons& nous nous essorqons d’imiter celui-ci.

La réglé qui résulte de ce que nousvenons d’obîerver, c’est que i’artiste nedoit jamais négliger l’occasion d’exciterce sentiment. Les occasions s’en offrenttoutes les fois qu’on a lieu de repré-senter de grands caractères & de gran-des actions : dans le poème épique, dansla tragédie, dans l’ode, dans les tableauxd’histoire , dans les portraits, soit aupinceau, soit au ciseau, &• même dansla musique d’un genre grave & sérieux.Nous avons décrit ailleurs les diversessources du merveilleux. Voyez l’articleMerveili.eux.

II ne suffit pas, au reste, pour qu’unartiste puisse exciter l' admiration , qu’ileonnoisse les sources' du merveilleux;il faut encore qu’il sache lui-méme pen-ser & sentir d«us le grand. Celui à qui

A D M

la nature n’a pas accordé la grandeurd’ame , entreprendroit inutilement denous inspirer de l’ admiration. Ceux pourqui toute la nature rit & badine ; ceuxqui ne voient dans les actions des hom-mes, & dans les événemens du mon-de , que le côté burlesque ; ceux quiveulent mettre par-tont de l’efprit, dela finesse, & des jeux d’imagination;ceux enfin qu’une jolie fleur, ou unecontrée agréable touche plus qu’une on-de bruyante , ou qu’un désert hérissé derochers, ne réussiront jamais à exciternos ravissemens. Ce don n’est réservéqu’à un artiste que la nature a douéd’une grande aine, qui a profondémentmédité íur les grands objets de la na-ture & de la vie civile ; qui s’est beau-coup exercé à ramener tout à de grands» points de vue , & qui a fortifié ses ta.j lens par le commerce des personnes ài grands sentimens, & par une étude sé-rieuse & soutenue des ouvrages les plussublimes de fart. ( Cet article eft tiréde la théorie générale des Beaux Arts deStil%ST • )

ADMISSIBLE, adj. en Droit, quimérite l’admiffion. Voyez ci-iejfous Ad-mission.

ADMISSION, f. f. Jurifprud. , ac-tion par laquelle quelqu’un est admis àjî une place ou dignité.

* Ce terme se dit spécialement de laréception aux ordres, ou à quelque de-gré dans une facu'té ; & le billet desexaminateurs en faveur du Candidat,s’appelle admittatur, paree que Xadmis-sion est exprimée par ce terme latin. V.

1 “ Candidat.

Admission se dit auffi au Palais,des preuves & des moyens , qui fontreçus comme concluans & pertinens.(H)

* AD3IITTATUR , terme latin,f. m. Hift mod ., billet qu’on accordeJ après les examens ordonnés à ceux quiS se présentent aux ordres, à certaines di-5 gnités, aux degrés d’une Faculté, &c.

S lorsqu’ils ont été trouvés dignes d’y être“ admis.

A D M O D I A T E U R ou AMO-DIA TE U R , subst. m. Jurifprud. ,fermier qui tient un bien à titre d’ad-inodiation. Voyez ci-dejous Admodia-TION.

ADMODIATION ou AMODIA-