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Tome premier. A - AKR.
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hommes aussi audacieux que lui : quoi-que Syracuse fút étroitement investiepar tene & par mer, il a le secret detromper la vigilance des affiégeans , &d’arriver fans obstacle en Afrique qu’iltrouva fans défenseurs. Carthage , furle bruit de ses prospérités en Sicile,n’avoit pu prévoir que l'ennemi qui de-voir n’imçlorer que sa clémence, vien-droit l’ìnsulter dans ses murs. Toutesles campagnes furent la proie des flam-mes. Les habitans fugitifs abandonnè-rent leurs richesses & leurs troupeauxpour le réfugier dans le fond de l’A-frique. Les Carthaginois fans force &fans courage tremblaient enfermés dansleurs murs. Ils ne s’oecuperent plus àfaire des conquêtes ; & alarmés pourleurs propres foyers, ils rappelèrentde Sicile une partie de leurs troupes.Un peuple riche & commerçant ayantbeaucoup à perdre, est toujours trem-blant à l’afpect d u ravisseur. La levéedu lìege dc Syracuse fut lc premier fruitde cette victoire, & l’on peut dire quece fut en Afrique qu 'Agatocle fut lc li-bérateur de la Sicile. Les troupes quiavaient combattu dans cette ifle, vin-rent à leur tour défendre leur patrie :les deux armées cn vinrent anx mains,& la victoire fe déclara pour les Sici-liens. Mais leurs succès multipliés nefaifoient qu’épuiser leurs forces qu’ilsne pouvoient rétablir dans une terreétrangère : Agatocle , trop clairvoyantpour compter fur des succès durables,consentit à une paix dont il dicta lui-même les conditions. Elle lui fut d’au-tant plus glorieuse, que ce fut le pre-mier traité, dit un écrivain profond, oùle vainqueur stipula pour les intérêts dcl’humanité, puifqu’il exigea des Cartha-ginois le fermént de ne plus immolerdes victimes humaines; Agatocle revinttriomphant à Syracuse , où il anrolt étéreçu comme le libérateur de sa patrie ,fi l'on avoir pu y oublier qu’il en avoitété le tyran. Les Syracusains souventcourbés fous le joug, n’avoient jamaispu fe familiariser avec l’esclavage. Unpays où il s’éleve fans cesse des hom-mes assez ambitieux pour envahir lepouvoir extrême, prouve qu’il renfer-me beaucoup de citoyens Fatigués del’obéissance. L’efprit républicain estquelquefois un esprit de tyrannie j &

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celui qui préféré 1? liberté à tous lesautres avantages, a souvent dans lui legerme d’ambition qui n’attend qu’untemps favorable pour asservir les au-tres. Agatocle reconnut bien-tôt qu’ilétoit abhorré d’un peuple fier qui nepouvoit lui pardonner d’avoir eu l’or-gueil de lui donner des fers, & qui neles avoit délivrés de la domination desAfricains que pour être leur tyran. Ainsidans le temps qu’il croyoit jouir de fagloire, il fe vit condamné à vieillir dansl’amertume & le mépris ; alors abandon-né des anciens adorateurs de ía fortu-ne, il perdit tout espoir ; & ne pouvantsurvivre à sa dégradation, il aima mieuxse donner la mort que de rentrer dansla vie privée. II laissa la réputation d’a-voir été un grand politique , un intré-pide guerrier & un mauvais citoyen.

AGATTON ou Gatton , Géogr. ,ville d’Afrique fur la côte de Guinée,vers l’embouchure de la riviere deBenne , à une grande journée de laville de Bénin. Elle est située fur unepetite éminence qui Forme une ifle dansla riviere, mais fort près de la rive.L’air y est plus sain que dans aucuneautre partie de la contrée, & le paysaux environs est rempli de toutes sortesd’arbres fruitiers. Cette ville étoit au-trefois fort considérable : mais les guer-res l’ont détruite en partie. Elle dépenddn grand Bénin. Long. rz. 30. hit. 6. 30.C C. A.')

* AGATY, Histoire naturelle. Bot .,arbre du Malabar qui a quatre à cinq foisla hauteur de l’homme, & dont le tronca environ six piés de circonférence. Sesbranches partent de son milieu & deson sommet, & s’étcndent beaucoup plusen hauteur ou verticalement qu’horizon-talement. 11 croît dans les lieux sablon-neux. Sa racine est noire, astringenteau goût, & pousse des fibres d unegrande distance. Le bois A'agaty est ten-dre, & d’autant plus tendre , qu’on leprend plus voisin du coeur. Si l’on faitune incision à l’écorce, il en fort mieliqueur claire & aqueuse, qui s’épaiflìt,& deyient gommeuse peu après fa sor-tie. Ses feuilles font ailées ; elles ontun empan & demi de long ; elles fontformées de deux lobes principaux, unisà une maîtresse cête, & opposées diree-