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Venil-, dès qu'ils donnent à ma plume encertaine occasion le nom de cause instru-mentale ; car si elle est cause, elle a uneffet ; & tout ce qni a mi effet, agit.
Je dis plus : ma plume en cette occa-sion agit auffi réellement &ausiì formel-lement íiu’un feu souterrain qui produitlin tremblement de terre ; car ce trem-blement n’est autre choie que le mouve-ment des parties de la terre excité par lemouvement des parties dn feu , commeles traces formées actuellement fur cepapier ne sont que de l’encre mue par maplume, qui elle-mêmc est mue par mamain .■ il n’y a donc de différence , sinonque la caille prochaine d u mouvementde la terre est plus imperceptible , maiselle n’enestpas moins réelle.
Notre définition convient encoremieux à ce qui est dit agir à l’éganl desesprits , soit an dedans d’eujt-mêmes parleurs pensées & vôlitions, soit an dehorspar le mouvement qu’ils impriment àquelque corps ; chacune de ces chosesétant un changement qui arrive par f en-tremise de l’ame.
La même définition peut convenir éga-lement bien à faction de Dieu dans ceque nous en pouvons concevoir. Nousconcevons qu’il agit entant qu’il produitquelque chose hors de lui ; car alors c’estlin changement qui le fait par le movend’un être existant par lui-même. Maisavant que Dieu eût rien produit hors delui, lì'agijpìit- il point, & auroit-il étéde toute éternité faus actions ? questionincompréhensible. Si, pour y répondre,il faut pénétrer l’essence de Dieu impé-nétrable dans ce qu’elle est par elle mê-me , les la vans auront beau nous dire furce sujet que Dieu de toute éternité agitpar un nctcsimple , immanent N perma-nent ; grand discours, & si l’on veut res-pectable , mais Ions lequel nousne pou-vons avoir des hlécs'daires.
Pour moi qui. comme le dit expres-sément l’apòtre saint Pau!, ne commisnaturellement le Créateur que par lescréatures , je ne puis avoir d'idée de luinaturellement qu’autant qu’elles m’c nFournissent; & elles ne m’eu Fournissentpoint fur ce qu’est Dieu, fans aucun rap-port à elles. Je vois bien qu’im être intel-ligent, comme fauteur des créatures ,a peuíc de toute éternité.Si l'on veut ap-
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peller agir à f égard de Dieu, ce qui estsimplement penser ou vouloir , fans qu’ÍIlui survienne nulle modification , nu fchangement, je ne m’y oppose pas; & sila religion s’accorde mieux de ee termeagir, j’y ferai encore plus inviolable-ment attaché mais au fond la questionne sera toujours que «le nom ; puisquepar rapport aux créatures je comprendsce que c'est q u’agir , & que c’eft ee mô-me mot qu’on veut appliquer à Dieu,pour exprimer en lui ce que nous necomprenons point.
Au reste je ne comprends pas même lavertu & le principe il’agir dans les créa-tures ; j’en tombe d’aceord. Je lais qu’ily a dans mon ame un principe qui faitmouvoir mon corps ; je ne comprendspas que! en est le ressort: ruais c’eft anfsice que je n’entreprends point d’cxpli-quer. La vraie Philosophie se trouverafort abrégée , si tous les Philosophesveulent bien , comme moi , s’abstenirdeparler de ce qui manifestement eibim-compréhensible.
Pour finir cet article, expliquons quel-ques termes familiers dans le sujet quifait celui de ec même article.
l°. Agir, comme j’ai dit, est en géné-ral, par rapport aux créatures, ee qui lepasse dans un être par le moyen duquetil arrive quelque changement.
i°. Ce qui survient par ee changements’appelle estât; ainsi agir & produire unestes, c’est la même chose.
3°. L’être considéré en tant que c’estpar lui qu’arrive le changement, je l'ap-pelle cause.
4°. Le changement considéré au mo-ment même où il arrive, s’appelle parrapport à la cause , action.
ǰ. L’action en tant que mise ou requedans quelque être , s’appelle passion ; &en tant que reçue dans un être intelli-gent , qui lui-même fa produite, elles’appelle acte ; de sorte que dans les êtresspirituels on dit d’ordinaire que l 'acte estle terme de la faculté agissante , & l’nc-tion l’exercîce de cette faculté.
6°. La cause considérée au mêmetemps, par rapporta faction & à l’ac-te , je l'appclle causalité. La cause con-sidérée en tant que capable de cette cau-salité, je rappelle puijfctnce ou faculté.l(X)