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Tome premier. A - AKR.
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art simple & naturel, des richesses quisturoient Fait ombrage à leurs propresbienfaiteurs, ii on n’avoit eu foin, detemps en temps, de les leur enlever parparcelles.

La France prit une nouvelle formefous Charlemagne. Les arts renaissans,le commerce étendu avoient augmentépeu-à-peu le nombre des habitans. II feforma de nouvelles villes. Le bétail &la chaste ne suffisant plus à nourrir lespeuples fi nombreux, on fe vit forcé derevenir à la culture des terres, d’éclair-cîr les Forêts , de défricher les landes :ces valses solitudes, ces déserts affreuxcmpmencerent à être cultivés ; mais cet-te culture fe rest'entoit de l’ignorancedes ficelés greffiers; elle n’étoit fondéeque fur des eonnoístances bornées de lanature , fur une routine aveugle & in-certaine. La physique & ['histoire natu-relle,qui étoient inconnues alors, étoientferries capables de faire appercevoir l’in-íuffifance de ces méthodes. Lorsque leschamps ne produifoierit que des bledsfiériles ou charbonnés, par le défaut duchoix ou de la préparation des semences,on accusoit les démons d’avoir mangéles grains dans l’épi, ou de les avoir brû-lés & convertis en charbon*. D’aiileursle maître ne veilloit pas à lés héritages,des mains mercenaires, les serfs seulsétoient chargés de ce foin ; & , parceque les vues de ces el’peces d'hommesfont toujours bornées , il y eut peu deprogrès. Ou étoit encore bien loin duvrai , lorsque les Normands en firentperdre, jusqu’à ridée. Ce fut un torrentaffreux qui inonda la France; & ces nou-veaux barbares n’éparguerent que cequi fut inaccessible à leur goût destruc-teur. Le régime féodal qui s’introduìsitdans ce temps , acheva de détruire ceque la fureur des Normands avoit épar-gné: tout fut replongé dans le chaos &l’ignorance j L c'étoit fait de la France,fi !a Bourgogne n’eût nourri dans sonsein une nouvelle race de rois, qui ré-parèrent les pertes de la monarchie, &lui donnèrent un nouveau lustre qu’ellen’avoit pas eu jusqu’alors.

Plusieurs causes retardoient les pro-grès de l’ Agriculture & des Arts : dansles commcncemens de la troisième race,le royaume n’étoit gouverné que tonir

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me un grand fief tout composé de hautsbarons, de petits seigneurs & d’efcla-ves. Parmi les restes gothiques d’ungouvernement militaire , on ne faifoitcas que des talens propres à la guerre.La France hérissée de forteresses n’of-froit par-tout qu’un aspect; menaçant jles arts nécessaires pour s’opposer à laviolence , étoient presque les seuls envigueur. VAgriculture découragée parl’incertitude des possessions, par la diffi-culté des exploitations, par la foiblessedes récoltes, languissoit ou n’avoit qu’u-ne existence éphémère ; la terre ombra-gée par des forêts immenses , présentoitpresque par-tout des plaines incultes,des landes stériles, des còteaux arides &des prairies couvertes de buissons. Ellefe refufoit souvent à nourrir les habi-tans ; l’indigence extrême de la plupartdes François les obìigeoit à se contenterdes alimens de la plus mauvaise qualité,pris plus souvent dans le régné animal,que dans le régné végétal : des viandesfroides salées ou boucanées ; des pois-sons, du fromage, du lait, & quelqueslégumes grossiers étoient les principauxalimens. Toute police étoit méconnue ;on n’avoit pour objet que de ce précau-tionner contre les ennemis du dehors.Forcé, pour défendre fa vie contre lesattaques imprévues des ambitieux oudes injustes, de fe renfermer dans deschâteaux forts, ou dans des villes, leFrançois étoit obligé d’abandonner I»culture des campagnes, & voyoit fe mul-tiplier autour de lui des causes de mort.Des murs très-élevés rendoient son ha-bitation presque impénétrable à l’air;des Fossés bourbeux, des marais & desterres inondées remplissoient continuel-lement fathmospere de vapeurs infec-tes. Dans les villes, des rues étroites &non pavées, augmentoient encore l’in-fection d’un air qui ne pouvoit pas êtrerenouvelle. Aussi les pestes & les épidé-mies étoient-elles très - fréquentes. Lalepre, les maladies cutanées, le feu sacré,le mal des ardents, le scorbut, Ue. ra-va-geoient le royaume, de concert avecles famines que l’on éprouvoit souvent.On compte dix famines dans le dixiemesiecle, & vingt-six dans le onzième : &ces famines étoient assez cruelles pot(f_obliger à manger ije la chair humaine,