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titre, sons le ministère du grand Sully ,par les excellens préceptes fur VAgricul-ture , qu’il donna Jans fa Maison Rusti-que, Jean Liebanlt, né à Dijon, méde-cin de la faculté de Paris , étudioit danscette capitale, lorsque Charles Etiennelui trouva assez de mérite, pour lui don-ner en mariage Nicole Etienne fa fille ,distinguée par fa science. Liebault tra-vailla avec son beau-pere à Faire con-noitre les ouvrages des Autores rei rufii -c<e, & il donna de concert avec lui, le li-vre suivant: l 'Agriculture & MaisonrustiqueAe MM.CharlesEtienne & JeanLiebault, docteur en médecine, 1771,ím- 4°. Liebault augmenta considérable-ment dans la fuite la 1Maison Rustique ,qui a été traduite en Allema- d, en An-glois & en Flamand.
Dans le même temps, un paysan deSaintonge, nommé BernardPalissy,qnisavoit à peine lire , connue il nous rap-prend lui-méme , donna deux ouvragesd’ Agriculture ,fi naturellementéloquens,fi forts de raisons & d'expérience, qti’iisauroient dû servir de modelés à ceuxqui, de nos jours, out parlé de laboura-ge : le premier est intitulé : Recette ifé-ritablc , par laquelle tous les hommes deFrance peuvent apprendre à multiplier Uaugmenter leurs trésor st, la Rochelle,Ber-ton, 1563, f«-4*. Le second est un Dif-eoit'sfur la nature des eaux, & un Traitédelamarne", Paris, Martin, r; 86, ru-8^.Ce paysan, qui étoit vraiment un grand-it om me , vint à Paris fur la fin de fesjours?Lacroix Domaine dit^qu'il y don-noit des leçons de fa science & profes-sion; WVzppeWe Philosophe naturel, esttomme d'ittt esprit merveilleusementprompt U aigu.
Le rovaume n» tarda pas à se ressen-tir fous le ministère du grand Sully, desencouragemens qu’un bon roi & un mi-nistre éclairé donnèrent à l 'Agriculture,après la fameuse paix dc Vervins. Est-1!quelqu’un qui n’ait versé des larmes furla mémoire de ce bon roi, qui vouloit,difoit il, voir un jour fes paysans enétat de mettre une poule au pot les joursde fête. Mot célébré & annohli par l’hu-Bianité & ia tendresse, dont il étoit l’ex-prestion simule & peu recherchée. Lerécit des dix dernieres années de Hen-ri IV, L de tous les étabiiuemeus faits
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fous son régné, en faveur de VAgricul-ture, leroient peut-être le morceau leplus touchant de notre histoire , s’ilétoit fait de main de maître. On peutjuger des progrès de VAgriculture dansce court intervalle, parla situation dela France à fa mort, & par l’état bril-lant des finances & de la population.Le Théâtre d'Agriculture, qu’Olivier deSerres , sire de Pradines, dédia au Roien 1606, est encore une preuve des pro-grès de l’ Agriculture en ee siécle. Ce li-vre est encore le meilleur & le plus com-plet de ceux qti’on a faits fur le mêmesujet, depuis qu’il a paru ; il dit au rotdans son épitre : cí Sire , parler A'Agri-„ culture à votre majesté, c’eíl l’entrete-„ nir de fes propres affaires, parce que„ votre royaume étant terre sujette à,, culture, mérite d’être cultivé avec art„ & industrie, pour lui faire reprendre„ sou ancien lustre & splendeur,que les„ guerres civiles lui ont ravis... II est„ dit dans l’éeriture que le roi consiste„ quaqid le champ est labouré', A'où s’enfuit„ que, procurant la culture de la terre,„ je ferai le service de mon prince ; ce„ que rien tant je 11e désiré , afin qu’en„ abondance de prospérités, votre ma-,, jesté demeure long-temps en cemon-„ de , & que par ce moyen , son peuple„ demeure cn sûreté publique fous son„ figuier, cultivant fa terre , comme à„ vos pieds, à i’abri de votre majesté qui,, a à fes côtés la justice & la paix ”. J’aicru devoir citer quelques passages decette épitre, comme des traits de la vé-ritable éloquence du cœur, indépen-dante de tous ces ornement de style,qui lui font souvent étrangers. J’ai aussivoulu, en citant ces anciens ouvrages,où l’on retrouve la ,'lupart des obser-vations que l’on a voulu donner de nosjours comme nouvelles, détromper ceuxqui ponrroient croire que nos ancêtresétoient auísi ígnorans fur fart de V A-griculture , qti’on le leur reproche dansle? ouvrages modernes. II faut cepen-dant convenir que les progrès de cet artétoient bien médiocres, en comparaisondu point de perfection où on les a portesfous le régné de Louis le bien-aime,comme on le verra plus bas.
Les guerres civiles, quirecoinmcn-çerent faus Louis XIII, & aucommen-