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Tome premier. A - AKR.
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764 AIR

sans savoir se donner nn air & affecterdes maniérés ; pas mémo peut-être un boncomédien. Si l’on ne fait composer sonair & étudier ses maniérés, on est unmauvais courtisan ; & l’on doit s'e'ìoi-gner d ; tous les états où son est obligéde paroître différent de ce qu’on est.

AIR , se dit en Peinture , de l'impres-sion que Fait un tableau, à la vue d ti-quai on ietnblc réellement respirerI’ícV qui régné dans la nature , suivantles différentes heures du jour : frais ,fi c’est un soleil levant qu’il représente;chaud , si c’est un couchant. On dit en-core qu’il y a de Vair dans un tableau,pour exprimer que la couleur du fond& des objets y est diminuée selon lesdivers degrés de leur éloignement : cettediminution s’appelle la perspective aé-rienne, On dit aufli air de tête : tel faitde beaux airs de tête. On dit encore at-traper, saisir Vair d’un visage, c’est-à-dire le faire parfaitement reffembler.En ce cas Vair fembleroit moins dépen-dre de la configuration des parties, quede ce qu’on pourroit appeller le geste duvisasse. ( R )

Air, en musique, est proprement lechant qu’on adapte aux paroles d’nnechanson ou d’une petite piece de poésiepropre à être chantée ; & par extensionon appelle air la chanson même. Dansles opérats on donne le nom d 'airs à tousles morceaux de musique mesurés, pourles distinguer du récitatif qui ne l’cstpas ; & généralement on appelle air toutmorceau de musique , soit vocale , soitinstrumentale , qui a son commence-ment & sa fin. Si le sujet est divisé en-tre deux parties , Vair s’appelle duo ; sientre trois, trio, &c.

Saumaise croit que ce mot vient dulatin tera ; L M. Burette est de son opi-nion , quoique Ménagé combatte ce sen-timent dans son étymologie de la langueFrançoise.

Les Romains avoient leurs signes pourle rhythme, ainsi que les Grecs avoientles leurs; & ces signes , tirés aussi deleurs caractères numériques , fe nom-jnoient non-seulement numerus , maisencore ara, c’est-à-dire nombre, ou lamarque du nombre ; ntimeri nota , ditNonius Marcellus. C’est en ce sensqn’il se trouve employé dans ce vers deLucile ;

A I R

Hase est ratio }perversa teraìsummasubàucta ìmprobè ?

Et Sextns Kufus s’en est servi de mê-me. Or quoique ce mot ara 11e se pritoriginairement parmi les musiciens quepour le nombre on la mesure du chant,dans la suite on en fit le même usagequ’on avoit fait du mot numerus ; & l’onse servoit A’ara pour désigner le chantmême : d’où est venu le mot François air,& l’italicn aria pris dans le même sens.

Les Grecs avoient plusieurs sortesà'airs qu’ils appelloient nomes , qnîavoient chacun leur caractère , & dontplusieurs étoient propres à quelques inf-trumens particuliers , à-pen-près commece que nous appelions aujourd'hui pie -ces on sonates.

La musique moderne a diverses espe-ces A'airs qui conviennent chacune àquelque el’pece de danse dont ils partentle nom. V. Menuet , Gavotte , Mu-sette , Passetié , Chanson , esc ,

C $ )

Air, f. m. Littérature , Poésie.lyrique.En lisant & relisant VEstìvi sur Vopinionde la poésie U de la Musique , je me suis sibien pénétré des idées dont cet excellentouvrage est rempli; L depuis, mes ré-flexions & les lumières que l’expériencea pu me donner, fe font si parfaitementaccordées avec les principes de fauteurde VEstai, qn’en écrivant fur la poésiedestinée à être mile en chant, il ne meseroit pas plus possible de distinguer cequi est de lui ou de moi, & qu’il vautmieux tout d’un coup lui attribuer, soitque je le copie 011 non, tout ce que je diraifur l’objet qu’il a si bien approfondi.

L’ftrV est une période musicale qui ason motif, son dessin, son ensemble, sonunité, sa symmétrie , & suivant anlsison retour sur elle-mème.

Ainsi Vair est à la musique ce que lapériode est à l'éloquence, c’est-à-dire cequ’il y a de plus régulier, de plus fini, deplus satisfaisant pour l’oreille ; & l’inter-dire au chant théâtral, ee seroit retran-cher du spectacle lyrique le plus sensiblede ses plaisirs. C’est îur-tout le charmede Vair qui dédommage les Italiens de lamonotomie de leur récitatif, & de la froi-deur de leurs scenes épisodiques,; & c’estce qui manque à Topera François pour endissiper la langueur, & pour le ranimerpar des impressions plus vives & plus