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deParménion qui défendoitl’aíle gauche:rien ne put résister aux Macédoniens, en-couragés par la présence d’un prince qui,malgré une blessure a la cuisse, se portoitdans tous les endroits où le péril étoit leplus grand. La victoire fut des plus écla-tantes , & l’on peut dire qu 'Alexandre enméritoit tout l’honneur. Cent dix millePerses resteront fur le champ de bataille;toute la famille de Darius, fa mere, fafemme, & ses enfans, toute leur fuite,tomberent au pouvoir du vainqueur , quimit fa gloire à leur faire oublier leursmalheurs : après leur avoir fait dire queDarius, qu’il pleuroient comme mort,étoit vivant, il les fit invitera ne point felaisser abattre par la douleur, & les aver-tit de fa visite. Mais comme il étoit toutcouvert de sueur, de sang & de poussière,il défit fa cuirasse , & voulut prendre desbains chauds. Allons , dit-il à ses officiers,allons laver cette sueur dans h bain de Da-rius. Lorfqu’il y fut entré, & qu’il cut ap-perqu les bassins, les urnes, les buires,lesphioles , & mille autres ustensiles tousd’ot maffif, & travaillés par les plus célé-brés artistes, lorfqu’il eut respiré t’odeurdélicieuse d’une infinité d’aromates &d’essences précieuses dont la chambreétoit parfumée , & que dc-là i! eut passédans la tente , qui par fa grandeur , sonélévation & la magnificence de ses meu-bles,& par la somptuosité & la délicatessedes mets préparés pour le souper de Da-rius, surpassoit tout ce qu’il avoit vu jus-qu’alors , il Fut frappé d’étonnement, &ne put s’empêcher de dire, en fe tournantvers ses officiers : Celui qui -présidait iciéteit vraiment roi. C’est le seul mot quiparoisse indigne A'Alexandre. Les ambas-sadeurs Perses qui l'avoient vu à la courde Philippe , avoient une idée bien plussublime de la vraie grandeur.
Alexandre , après s’étre remis de ses fa-tigues , & avoir fait donner la sépultureaux morts, honneur qui fut rendu auxennemis,voulut voir ses captifs,non pourjouir dn spectacle de sa gloire, mais pourles consoler de leur infortune. II eut pourSiiìgambis, mere de Darius, les mêmeségards qu’il eût eus ponrlasienne.il entradans la tente de cette princesse avecEphestion, fils de ia nourrice, qn’il avoittoujours beaucoup aitné. Alexandre avoitdisgrâces naturelles, innisii étoit d’une
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petite taille, & son extérieur étoit négli-gé. La reine le prenant pour le favori ,adressa le salut à Ephestion : un eunuqueInvertissant de son erreur, elle se jette àsc s pieds, & s’excuse sur ce qu’elle ne l’a-voit jamais vu. Alexandre la relevantanffi-rôt : 0,ma mere ì lui dit-il avec bon-té, vous ne vous été t poin t trompée celui-cìejl aujjï Alexandre- 44 Certes, dit Qiiinte-Cruce,s’il eût gardé cette modération jus-qu’à la fin de ses jours,s’il eût vainçu ('or-gueil & la coltre dont il ne put fe rendrsmaître, & qu’au milieu des festins iln’eût pas trempé ses mains dans lc sangde ses meilleurs amis, ni été si prompt àfaire mourir ces grands hommes aux-quels il devoit une partie de les victoires,je l’aurois estimé plus heureux qu’il nes imaginoit l’être quand il imitoit lestriomphes tteBaechus, qu’il remplissoitde ses victoires les rivages de l’Hellefpont& de l’Océan : mais la fortune n’avoitpoint encore égaré fa raison ; & commeelle ne faisoit que commencer à lui pro-diguer ses faveurs, il les reçut avec mo-dération ; mais à la fin il n’eut pas la for-ce de la soutenir, & fut accablé sous lepoids de fa grandeur. II est certain q u enses premières années il surpassa en bonté& en continence tous les rois qui La-vaient précédé. II vécut avec les filles deDarius, princesses de la plus rare beauté,comme fi elles eussent été ses sœurs ; &pour la reine , qui passoít pour la plusbelle personne de son siecle , il eut l’at-tention d’empècher qu’il ne se passât rienqui pût lui déplaire : enfin il lé comportaavec tant d’humanité envers les prin-cesses ses captives, que ri en ne leur man-qua que cette confiance qu’il est impossi-ble au vainqueur d’infpirer SuivantPlutarque , Alexandre ne fe permit pasmême de voir la femme de Darius. Ceprince avoit coutume d’appeller les da-mes Perses , le mal des yeux. II n’cn usapas de même avec la veuve de Memnon ,cet excellent capitaine de Darius ; maisce fut à la sollicitation de Parménion,qui eut la bassesse d’ètre le ministre deson impudique maître. r
Le succès de cette bataille, livrée auxenvirons d’Issus, ouvrit tous les passagesaux Macédoniens. Alexandre envola undétache meut à Damas eu Syrie,lé saisir dutrésor royal de Perse, & alla en personne
s’affurer