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symptômes qu’auparavant. L'ecclésiasti-que suivit, pour la tirer de-là , la mêmevoie qu’il avoit employée,elle lui réuilit,les réglés reparurent, & la fauté revint.Pendant quelques années, la vie de cettejeune personne fut une alternative de su-perstition & de maladie , de religion & desanté. Quand la superstition dominoit,les réglés cessoient, & la santé disparois-soit ; lorsque la religion & le bon sensrcprenoient le dessus, les humeurs sui-voient leurs cours ordinaire, & la santérevenoit.
Un musicien célébré, grand composi-teur, fut attaqué d’une fievre, qui ayanttoujours augmenté, devint continue avecdes redoublemens. Le septième jour iltemba dans un délire violent & presquecontinu , accompagné de cris, de larmes,de terreurs , & d’une insomnie perpé-tuelle. Le troisième jour de son délire ,un de ces coups d’instinct que l'on dit quifont chercher aux animaux malades lesherbes qui leur font propres , lui fit de-mander à entendre un petit concert dansfa chambre. Son médecin n’y consentitqu’avec beaucoup de peine , cependanton lui chanta des cantates de Bernier ;dès les premiers accords qu'il entendit,son visage prit tin air serein, ses yeuxfurent tranquilles, les convulsions ees-ierent absolument, il versa des larmesdéplaisirs, & eut alors pour la musiqueune sensibilité qu'il n’avoit jamais éprou-vée, & qu’il n’éprouva point depui». IIfut fans fievre durant tout le concert,& dès qu’on l’eut fini , il tomba dansson premier état. On ne manqua pas derevenir à un remede dont le succès avoitété si imprévu & si heureux. La fievre &le délire étoient toujours suspendus pen-dans les concerts, & la musique étoit de-venue si nécessaire an malade, que la nuitil faisait chanter & même danser une pa-rente qui le veilloit, & à qui son afflic-tion ne permettoit guere d’avoir pour sonmalade la complaisance qu’il en exigeoit.Une nuit entr’autres qu’il n’avoit auprèsde lui que fa garde, qui ne savoir qu’unmisérable vaudeville , il fut obligé des’en contenter, & en ressentit quelqueseffets. Enfin dix jours de musique le gué-rirent entièrement , fans autre secoursqu’une saignée du pié , qui fut la secondequ’on lui fit, & qui fut suivie d’une gran-de évacuation. Vty. TA&ENTVJtE.
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M. Dodartrapporte ce fait, après Va.voir vérifié. 11 ne prétend pas qu’il puisseservir d’exemple ni de réglé : mais il estassez curieux de voir comment dans unhomme dont la musique étoit, pour ainsidire , devenue l’ame , par une longue &continuelle habitude , les concerts ontrendu peu à-peu a»x el'piits leur coursnaturel. II n’y a pas d’apparence qu’unpeintre put être guéri de tnéme par destableaux ; la peinture n’a pas te mêmepouvoir fur les esprits, & elleneporte-toit pas la même impreísion à Vume. :.
AME des Bêtes ,Métafb. La que-stion qui concerne Vame des bêtes , étoitun sujet assez digne d'inquiéter les an-ciens philosophes i il ne paroit pourtantpas qu’ils se soient fort tourmentés furcette matière, ni que partagés entr’euxfur tant de points différens, ils se soientfait de la nature de cette ame un prétextede querelle. Ils ont tous donné dans Vopi-nion commune , qne les brutes sentent &connaissent, attribuant seulement à ceprincipe de connoissanee plus ou moinsde dignité , plus on moins de conformitéavec l’ame humaine ; & peut-être se con-tentant d’envelopper diversement , sousles savantes ténèbres de leur style énig-matique , ce préjugé grossier , mais tropnaturel aux hommes , que la matière estcapable de penser. Mais quand les philo-sophes anciens ont laissé en paix certainspréjugés populaires , les modernes y si-gnalent leur hardiesse. Descartes suivid'un partie nombreux, est le premier phi-losophe qui ait osé traiter les bêtes depires machines : car à peine GomesiusPereira, qui le dit quelque temps avantlui, mérite-t-il qu’on parie ici de lui ,puisqu’il tomba dans cette hypothèse pacun pur hasard , & que selon la judicieuseréflexion de M. Bayie, il n'avoit pointtiré cette opinion d« ses véritables prin-cipes. Ausiì ne lui fit-on Vhonneur nide la redouter ni de la suivre » pas mê-me de s’en souvenir, & ce qui peut arri-ver de plus triste à un novateur, il ne fitpoint de secte.
Descartes est donc le premier que lafuite des ses profondes méditations aitconduit k nier Va me des bêtes , paradoxeauquelil a donné dans le monde une vo-gue extraordinaire. 11 n’auroit jamaisdonné dans cette opinion, L la grandevérité de la distinction de Vamt & du