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d’une telle suite d’impreffious que Fait furlui cette force aveugle, résultent desmouvemens également réguliers & utilesà cet agent.
Ainsi tout se lie & se soutient: l’ame,en tant que principe sensitif, est soumiseà un méchanisme qui lui transmet d unecertaine maniéré l’impreffion des objetsdu dehors ; en tant que principe astis,elle préside elie-méme à un autre mécha-nisme qui lui est subordonné , & qui n’é-tant pour elle qu’instrument d’action ,met dans cette action toute la régularité^nécessaire. Vaine de la bête étant active& sensitive tout ensemble, réglant son ac-tion sur son sentiment, & trouvant dansla disposition de sa machine, & de quoisentir agréablement, & de quoi exécuterUtilement, & pour elle, & pour le biendes autres parties de l’univers, est le liende ce double méchanisme ; elle en est laraison & la cause finale dans l’intentiondu Créateur,
Mais pour mieux expliquer ma penséesupposons un do ces chef-d’œuvres dc laméchanique où divers poids & divers res-sorts font si indíistrieusement ajustés,qu’au moindre mouvement qtt’on lui don-ne , il produit les effets les plus surpre-nons & les plus agréables à la vue; com-me vous diriez une de ces machines hy-drauliques dont parle M. Régis, une deces merveilleuses horloges , un de ces ta-bleaux mouvans, une de ces perspecti-ves animées : supposons qu’on dise à unenfant de presser un ressort, ou de tour-ner une manivelle , & qu’auffi-tót on ap-perçoive des décorations superbes & despaysagesrians, qu’on voie remuer & dan-ser plusieurs figures, qu’on entende dessons harmonieux, Uc. cet enfantn’est-ilpas un agent aveugle par rapport à la ma-chine? II en ignore parfaitement la dis-position , il ne sait comment & par quel-les loix arrivent tous ces effits qui lesurprennent > cependant il est !a cause deCes mouvemens ; e.n touchant un feu! res-sort, il a fait jouer toute la machine ; i!est la force mouvante qui lui donne lebranle. Le méchanisme est fassaire defouvrier qui a inventé cette machinepour le divertir; ce méchanisme que Pen-sant ignore est sait pour lui, & c’est luiqui le fait agir sans le savoir. Voilà l'ainedes bêtes : mais l’cxemple est imparfait; ilfaut supposer qu’il y ait quelque chose a
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ce ressort d’où dépend le jeu de la machi-ne, qui attire Pensant, qui lui plaît &qui l’engage à le toucher. II faut suppo-ser que Pensant s’avanqant dans une grot-te , à peine a-t-il appuyé fou pié fur uncertain endroit où est un ressort, qu’il pa-roit tin Neptune qui vient le menaceravec son trident; qu’essrayé de cette ap-parition, il fuit vers un endroit où unautre ressort étant pressé, fasse survenirune figure plus agréable , ou fasse dispa-raître la premiers. Vous voyez que Pen-sant contribue à ceci, comme un agentaveugle, dont Passivité est déterminéepar fimpreffion agréable ou effrayanteq lie l|ii caaient certains objets. L 'aine dela bête est de même, St de-là ce merveil-leux concert entre l’impreffion des objets& les mouvemens qu’elle fait à leur oc-casion. Tout ce que ces mouvemens ontde sage & de régulier est sur le compte dePintelligence suprême qui a produit lamachine , par des vues dignes de fa sages-se & de sa bonté. L’ame est le but de lamachiné; elle en est la force mouvante;réglée par le méclianissne , elle le réglé àson tour. II en est ainsi de l’homme à cer-tains égards, dans toutes les actions oud’habitude ou d'inftinct: il n’agit quecomme principe sensitif, il n’est que forcemouvante, brusquement déterminée-parla sensation: ce que l’homme est à certainségards les bêtes le font en tout ; & peut-être que fi dans l’homme le principe intel-ligent & raisonnable étoit éteint, on n’yverroit pas moins de mouvemens raison-nés, pour ce qui regarde le bien d u corps,ou, ce qui revientàlaimême chose, pour fu-tilité d u principe sensitif qui resteroiaseul,qtiell’onn’en remarque dans les brutes.
Si ì’time des bêtes est immatérielle , dit-on , fi c’est un esprit comme notre hypo-thèse le suppose , elle est donc immortel-le , & vous devez nécessairement lui ac-corder le privilège de Pimmortaiité, com-me un apanage inséparable de la spiritua-lité de sa nature. Soit que vous ad-mettiez cette conséquence , soit que vouspreniez le parti de la nier,volts vous jetezdans un terrible embarras. L’îmmortaii-té de l'awe des bêtes est une opinion tropchoquante St trou ridicule aux yeux de laraison même , quand elle 11e seroit pasproscrite par une autorité supérieure,pour Po(Vr soutenir sérieusement. Vousvoilà donc réduit à nier la conséquence ,