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Tome second. AL - AOU.
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nent alors dans leurs gîtes, qui fontquelquefois en des lieux très - éloignésde ceux où on les cherche. Ail reste onvolt par les relations, & même par quel-ques passages de ('histoire , que la plu-part des nations errantes île notre con-tinent ont eu ou ont encore des prati-ques teniWables : les sauvages de la gran-de Bretagne compofoient une de ces pâ-tes avec le karemyle , qu’on soupqnnneêtre les tubercules du magjon , que lesgens de la campagne appellent vesc-c sau-vage , quoique ce soit un lathyrus : enavalant une boulette de cette drogue,les Bretons pouvoient le passer de toutautre aliment pendant un jour. (Dion,inSever.) II en esta peu près de mêmede la poudre verte, dont Ce fervent lessauvages répandus le long du fleuve Juf-qnehanna, qui se jette dans la baie deChesapeac : il suffira de dire ici que cettematière est composée de maïs torréfiéqui en fait le fondement , de racinesd’angelique & de sel. Mais on pent lïmp-qonner qu’avant que ces barbares «'eus-sent quelque communication avec lescolonies d’Enrnpe, ils n’employoientpoint de sel qui ne sauroit contribuerbeaucoup à augmenter les particulesalimentaires.

Quant à la méthode de se procurer dufeu, elle étoitla même dans toute l’éten-due du nouveau monde , depuis laPata-gonie lufqu’au Groënland : on frottoirdes morceaux de bois très-durs contred’autres morceaux très-fecs avec tant deforce & fi long-temps qu’ils étinceloientou s’enflammoient. 11 est vrai que chezde eertaines peuplades au nord de la Ca-lifornie , on inséroit une efpece de pivotdans le trou d’une planche fort épaisse,& par le frottement circulaire on obte-noit le même effet que celui dont onvient de parler. (Muller, Reiseunient-dek e von den Rujsen, tom. I.) II paroi tbien que c’estle seul instinct, ou s’il estpermis de le dire, ì’industric innée del’hommc qui lui a montré cette prati-que ; île forte que, suivant nous, il fautranger parmi ks Fables ce que quelquesrelations rapportent des habirans desMarianes, des Philippines , de Los Jor-denas & des Amicouanes, qui ignoroient,à ce qu’on prétend , le secret de faire dufeu. Et fi l’on trouve de tels faits danstíes géographes de ['antiquité, comme

A M Ê

Sïeîa', ail sujet de eertaihs peuples déVAFrtque, il est nécessaire d’avertir queMêla avoit puisé dans les mémoiresd’Eudoxe, que Strabon nous dépeintcomme un imposteur, qui pour faire ac-croire qu’il avoit doublé le cap de Bon-ne - Espérance , se permettoít de mentirsans fin. Onvoit par Phistoire de la Chi-ne , & sur-tout par Vissage encore au-jourd'hui subsistant chez les Kamtí’chat-kadales, les Sibériens & même chez lespaysans de la Russie , que la méthode defaire prendre feu au bois par le frotte-ment, a dú être générale dans'notre con-tinent avant la connoissance de l'acier& des pyrites : la chaleur que l’hommesauvage a sentie dans ses mains, lbrsqu’illes frottoir, tui a enseigné tout cela.

Comme il y avoit en Amérique un très-grand nombre de petites nations, dontles unes étoient plongées plus avant queles autres dans la barbarie, & dans l’oit-bli -de tout ce qui constitue l’animal rai-sonnable , il est très-difficile de bien dis-tinguer les coutumes adoptées feule-ment par quelques tribus particulières,d'avec les usages généralement suivis.II y a des voyageuis qui ont cru que tousles sauvages du nouveau monde n'a-voient pas la moindre idée de l’inceste,au moins dans la ligne collatérale , &que les frétés y spoissoicnt fans cesseleurs sœurs j ou les connoissoient fansles épouser: ce qui a fait penser à plu-sieurs personnes, que les facultés physi-ques & morales ont dû s’altérer dans cessauvages là i parce que l’on suppose qu’ilen est des hommes comme des animauxdomestiques , dont quelques - uns se ra-bougrissent par les accouplemens inces-tueux : ce qui a indiqué, ainsi qu’on sait,la nécessité de mêler on de croiser les ra-ces pour en 'maintenir la vigueur & enperpétuer la beauté. II conste par des ex-périences faites depuis peu fur une feu-le efpece, que la dégénération est plusgrande St plus prompte par une fuited’accouplemens dans la'ligne collatéraleque dans la ligne descendante ; & c’est làun résultat auquel on ne se serpit assu-rément point attendu. Mais en suivantles lettr. éiif. & les relations des PP.Lafiteau & Gnmìlla, Mœurs des futtv.U Hiíl. de l Orénoque , il est certain qu’ilexistoit en Amérique pluieurs tribus oùl’on ne contractoit pas même de mariage