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choque cette idée, comme le mépris &les injustices ; & recherchantau contrai-re avec palfìon tout ce qui la flatte & lagrossit, comme l’estime & les louanges.Sur ce principe, futilité de la gloireconsisterait en ee que l’estime que lesautres font de nous, confirme la bonneopinion que nous en avons nous-mêmes.Mais ce qui nous montre que ce n’estpoint là la principale , ni même Tuni-que source de Xamour de [estime ; c’estqu’il arrive pieique toujours que leshommes font plus d’etat du mérite ap-parent qui leur acquiert l’estime des au-tres , que du mérite réel qui leur attireleur propre estime; ou si vous voulez,qu’ils aiment mieux avoir des dcfautsqu’on estime , que de' bonnes qualitésqu’on n’estime point dans le monde; &qu’il y a d'ailleurs une infinité de pess■formes qui cherchent à se faire considé-rer parités qualités qu’eiies savent bienqu’elles n’ont pas ; çe qui prouve qu’el-les n’ont pas recours à une estime étran-gère , pour confirmer les bons fentimensqu’tiles ont d’eises-mêmes.
Qu’on cherche tant qu’on voudra lessources de cette inclination , je fuis per-suadé qu’oi» n’cu trouvera la raison quedans la sagesse du Créateur. Car connueDieu se sert de l’amourdu plaisir pourconserver notre corps, pour en faire lapropagation , pour nous unir ses uns avecles antres, pour nous rendre sensibles<m bien & à la conservation de la société j41 n’v a point de doute auffi que fa sa-gesse ne se serve de Toi mur de [estime , 'pour nous défendre des abaisseme.ps dela volupté, & faire- que nous nous por-tions aux actions-honnêtes-& louables,qui conviennent si bien à la dignité denotre nature.
Cette précaution n’auroit point éténécessaire, fi la raison de l’homm-e eûtagi seule en lui, & indépendamment dpsentiment ; car cette raison pouvoit luimontrer Thonnéte & même le lui fairepréférer à Tagréable: mais parce queçette raison est partiale , L juge souventen faveur du plaisir, attachant Thon-neur & la bienséance à ce qui lui plaît,il a plu à la sagesse du Créateur de mousdonner pour juge de nos Lésions, non-seulemcíit notre raison , qui sc laisse cor-ïtmipre par la volupté, mats encore la
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raison des autres hommes, qui n’estpas fi facilement séduite.
AmouR-proprE & de nous - mêmes.L’amour est une complaisance dans Tob-jet aimé. Aimer une chose , c’elt se com-plaire dans íà posscilìon , fa grâce , sonaccroissement, craindre fa privation, sesdéchéances ,
Plusieurs philosophes-rapportent gé-néralement à Yumour-propre coûtes fortesd'attachemens ; iis prétendent qu’ou s’ap-proprie tout ce que Ton aime , qu’on n’ycherche que son plaisir ít fa propre sa-tisfaction, qu’on se met foi-même avanttout, jusques là qu’ils nient que celui quidonne fa vie pour un autre, le préféréà foi. Ils passent le but en ce point ; carsi l’objet de notre amour nous est pluscher que 1 existence fans l’objet de no>-tre amour, il paroîtque c’est notre amourqui est notre paillon dominante , & nonnotre individu propre; puisque toutnous échappe avec la vie, le bien quenous ndus étions approprié par notreamour, comme notre être véritable. Ilsrépondent que la possession nous fait con-fondre ^ans ce sacrifice notre vie & cellede l’objet aimé ; que nous croyons n’a-bandonner qu'une partie de nous-métnespour conserver Pâture: au moins ils nepeuvent nier que celle que nous conser-vons, nous paraît plps considérable quecelle que nous abandonnons. Or, dèsque nous nous regardons comme lamoindre partie dans le tout, c’est unepréférence manifeste de Tobjetaimé. Oopeut dire 1a même chose d un homme,qui volontairement & île sang - froidmeurt pour la gloire : la vie imaginairequ’il achete au prix de son être réel, estune préférence bien incontestable de lagloire , & qui justifie la distinction quèquelques écrivains ont mise avec iageileentre X amour-propre Sc Xamour de nous-mêmes. Avec Xamour de nous - mêmes ,disent-ils, on cherche hors de loi foubonheur, on s’aime hors de soi davan-tage, que dans son existence propre ; onn'eft point foi-même son objet. IXumour-propre au conttaire subordonne tout àses commodités & < Ion bien-être : il està lui-mème son objet & fa fin ; de lottequ’ati lieu que les passions qui viennentde Vamour de nous-mêmes nous donnentaux choses, Vumopr-propre veut que les