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Tome second. AL - AOU.
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bénéfîcence que son immensité ; d’oùvient cela ? si ; e n’est de ce que cette pu-re amitié , qui í'embse n’avoir pour objetque les perfection'. de Dieu , tire fa Forceprincipale des rapports que ces perfec-tions ont av c u "us.

S’il v avoit une pure amitié dan« notrecœur à l'égar.l de Dieu, laquelle fútexempte d u principe de Vamour de nous-mêmes , 'cette pure amitié naîtrait néces-sairement de la perfection connue. & neS’éseveroit point de nos autres affections.Cependant les démons counoiflcnt lesperfections de Dieu; fans les aimer, leshommes connoiflént Ces perfections avantleur conversion, & personne n’oseroicdire qne.dans cet état ils aient polir luicette affection que l’on nomme de sureamitié ; il s’eníhit donc qii’il faut autrechoie que la perfection connue pour fairenaître cet amour.

Pendant que nous regardons Dieu com-me notre juge, & comme un juge terriblequi nous attend la foudre à la main , nouspouvons a imirer ses perfections infinies,mais nous ne laurions concevoir de l’af-fection pour elles. II est bien certain quesi nous pouvions refuser à Dieu cette ad-miration , nous nous garderions bien dela lui rendre.: & d’où vient cette nécessi-té d’admirer Dieu ? C’est que cette ad-miration naît uniquement de fa perfec-tion connue : si donc vous concevez quela pure amitié a la même source , il s’en-Fiîit que la pure amitié naîtra dans notreaine comme l’admiration.

i’\ De ce que nous notis aimons nous-mèmes nécessairement, il s’enfuit quenous avons certains devoirs à remplir quine regardent que nous-mèmes : or les de-voirs qui nous regardent uous-mêmespeuvent se réduire en général à travaillerà notre bonheur & à notre perfection;à notre perfection, qui consiste princi-palement dans une parfaite conformitéde notre volonté avec l’ordre ; à notrebonheur , qui consiste uniquement dansla jouissance des plaisirs, j’entends dessolides plaisirs, & capables de contenterun esprit fait pour posséder le souverainbien.

2”. C’est dans la conformité avec l’or-dre que consiste principalement la perfec-tion de l’eíprit : car celui qui aime l’ordreplus que toutes choses, a de la vertu;celui qui obéit à Pordre en toutes choses,

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remplit ses devoirs ; & celui-là mériteun bonheur solide, qui sacrifie ses plai-sirs à l’ordre.

3 0 . Chercher son bonheur, ce n’eîlpoint vertu ,..c’est nécessité : car il ne dé-pend point de nous dc vouloir être heu-reux; & la vertu est libic. L'amour-pro-pre, à parler exactement, n’est point unequalité qu’on puiffe augmenter ou dimi-nuer. On ne peut cesser dc s’aimer; niaison petit cesser de se mal aimer. On peut,par le mouvement d'uii amour - propreéclairé, d’nn amour-propre soutenu par lafoi & par l’espérance , & conduit par lacharité, sacrifier ses plaisirs présens auxplaisirs futurs , se rend e malheureuxpour un temps, afin d’être heureux pen-dant l'éternité ; car la grâce ne détruitpoint la nature. Les pécheurs & les ju-stes veulent également être heureux ; ilscourent également vers la source de lafélicité : mais le juste ne se laisse ni trom-per ni corrompre par les apparences quile flattent ; an lien que le pécheur, aveu-glé par ses passions, oublie Dieu, sesvengeances & les récompenses, & em-ploie tout le mouvement que Dieu luidonne pour se vrai bien , à courir aprèsdes Fantômes.

4' J . Notre amour-propre est donc le mo-tif qui, secouru par la grâce , nous unît àDieu, comme à notre bien , & nous sou-met à la raison comme à notre loi , ou airmodeìe de notre perfection : mais il nefaut pas faire notre fin ou notre loi de no-tre motif. II faut véritablement & sincè-rement aimer Tordre , & s’unir à Dieupar la raison; il ne faut pas desirer quaTordre s’accommode à nos volontés : celan’est pas possible ; Tordre est immuable &nécessaire : il faut haïr ses désordres , &former fur Tordre tous les mouvemensde son cœur ; il faut même venger à sesdépens l'honueur de Tordre offensé, oudu moins se soumettre humblement à lavengeance divine : car celui qui voudroitque Dieu ne punît point Tinjustice ou l’i-vrognerie, n’aime point Dieu ; & quoi-que par la force de son amour-propre éclai-ré , il «'abstienne de voler & de s'Cuivrer,il n’est point juste.

ç". De tout ceci il est manifeste pre-mièrement, qu’il faut éclairer son amour-propre , asin qu’il nous excite à la vertu ;en second lien, qu’il ne faut jamais fui-vie uniquement le mouvement de Te-Xtd-a