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de Vénus, saisit l’instant où dusein del’écnme entr’pouverte la déesse s’élevesur la surface des eaux. Les vers grecs,que l’on a Faits à la louange de ce tableau,ne i’ont pas surpasse, dit Pline à l’endroitcité, mais ils Pont rendu céiebre. Ontrouve cinq épigrammes dans Y antholo-gie , dont cet ouvrage est le sujet. Nousallons en donner la traduction, avant quede passer anx réflexions relatives à lapeinture , que dut naturellement produi-re la contemplation de ce estes- d’oeuvre,dont il ne nous est resté que des copiessculptées.
Premiere épigramme. " Voyez Vénussortant du sein des eaux qui viennent delui donner le jour; c’est l’ouviage dupinceau d’Apelles. Contemplez la dées-se qui, de sps belles mains, a saisi sa che-velure toute mouillée: elle exprime deses cheveux humides, l’écume blanchedont elle vient de naître. Minerve & Ju-non, avouant désormais leur défaite,diront elles-mêmes : charmante Vénus,nous ne vous disputerons plus le prix dela beauté. „
Sfcoude épigramme. ct Apelles vitCypris au moment de fa naissance , lors-qu’clle sortit toute nue du sein de la merqui savoir enfantée. Le peintre offreà nos regards la déesse , telle qu’il la viten ce moment, couverte d’éeume , &l’exprimant de ses cheveux avec les bel-les mains. „
Troisième épigramme. c< Lorsque Vé-nus toute mouillée de l’écume qui décou-le de ses cheveux , sortit nue du seindes flots , elle porta «sabord fes mainsfur la chevelure qui couvroit fes bellesjoues , pour exprimer de fes cheveuxhumides seau écumante de la mer. Ladéesse montroit son sein à découvert, &tout cequ’il est permis d’expofer à lavue. Mais.fi Vénus est aussi belle en effetqu’elle le par«it dans ce tableau, qu’àla vue de la déesse toute la fierté du cou-rage de. Mars s’étonne & se confonde ! „
Quatrième épigramme. “ La mer ve-noit d’accoucher, & la reine de Paphos,qui fortuit de son sein par le pinceaud'Apelles , ouvroit en ce moment, pourla presniere fois, fes beaux yeux à lalumière. Vous, dont les regards font at-tirés par ce tableau , hàtez-vous de vousen .éloigner, de peur que l’écume que ladéesse exprime de fes cheveux humides,
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ne rejaillisse fur vous ! Si Vénus, dispu-tant ia pomme , dévoila jamais aux yeuxde Pàris tous les charmes qu’elle montreici,c’est bien injustement quePalias a rui-né de fond en comble la ville de Troie. „La cinquième épigramme est moins na-turelle que celles-là , & nous nous dis-penserons de la rapporter, parce que lasatiété des choses agréables conduit aisé-ment à la fadeur. Les quatre premièresfusillent pour faire vois combien la poésies’est exercée fur ce sujet. On dirdit quele tableau d’Apelles fût préposé poursujet d’un prix de poésie , & que les pluscélébrés poètes grecs, enflammés du beaufeu qui animoit le pinceau de l’artisté,se firent une gloire de chanter.la VénusAnadyomeue. *
Les actions, & les dispositions vérita-blement agréables en peinture, doiventêtre simples & nécessaires, alors ellesplaisent sans frapper; & la satisfactionqu’elles procurent,.n’estprécédée, ni mê-me accompagnée tsanciin étonnement;le charme séducteur se fait d’autant plussentir, que Lassitude qui produit cetteimpression favorable, ne permet.pas deconcevoir une position différente ; ellepersuade au contraire qu’elle n’a pointété recherchée , & qu’elle est un csfttduhasard. La nécessité de recourir à ia ré-flexion , pour se rendre compte de la sa-tisfaction qu’on éprouve , est un témoi-gnage de la vérité de ces impressions , deleur genre, de leur caractère.
La position , dont Apelles a fait choixpour exprimer saVénns sortant de b mer,est à mon gré le plus grand exempledes grâces produites par la justesse & lasimplicité; L si, comme nous.l’apprendla seconde épigramme de l’arrthoiogie. ill’a représentée à mi-corps, il a nécessai-rement donné une si juste idée d’u.n carac-tère simple , noble & nais, il>a exécutéson trait.avec nne si grande précision , ill’avoit si bien pensé , que le sculpteur ,qui travailla la figure de bronze antique,a saisi toutes ces expressions, & nous faitvoir encore aujourd’hui cette jeune per-sonne debout, sans aucun contrasteaprparent: fes beautés n’ont aucun secoursétranger, & ne font couvertes d’aucunvoile, pratique quelquefois nécessaire-,mais qui fort ordinairement à cacher biendes Foiblcsses, & que l’on peut souventregarder comme un prétexte, dont les