616 A N C
de ses voisins, que d’immoler une héca-tombe à Jupiter. Le peuple accoutume' àvivre de brigandages, ne connoiíToitplusle frein des loix que dans le camp , où lesdieux n'ont que de froid* adorateurs. An-cus , en adoptant un système pacifique,íìt d’un peuple de soldats autant de ci-toyens. Les institutions de Ntima presqueoubliées pendant le régné orageux d’Ho-stilius, reprirent leur vigu ur ; & pourqu'on ne pût point alléguer des motifs dese dispenser de les observer , il les fit gra-ver sur des feuilles de chêne qu’il fit affi-cher dans les places publiques, ce quisemble contredire ies monumens historiques, qui tous attestent que l’art d écrire& de lire étoit alors absolument ignorédes Romains.
Ses mœurs douces & faciles, son exac-titude à remplir les devoirs de la reli-gion , lui concilièrent l’affection du vul-gaire , admirateur enthousiaste des grandsqui te rapprochent de lui par leursfoiblefises : les Latins s’imaginerentqu'unprince dévot devoir être fans talent &fans courage. Ces peuples humiliés parHostilius, crurent que c'étoit l’occasionde rentrer dans les droit* de leur ancien-ne indépendance. En effet, un prince ac-coutumé à présider aux cérémonies reli-gieuses , paroiffdt incapable de dirigerles mouvemens d’une armée ; mais lesrois fans talent n’ont besoin que de dis-cernement dans le choix de leurs, agens.La gloire des subalternes devient propreà ceux qui les emploient. Ancui, fanscapacité pour la guerre, donna fa con-fiance à un Corinthien, nommé Lucumon,qu’i! fit général de fa cavalerie, & quifut l’instrumont de ses victoires; Ancusse mit à la tête ri’unc armée composée deces vieux soldats, accoutumés à défierles périls & la mort fous Hostilius. Lescombats n’étoient alors qu’un choc dedeux corps, dont la première secoussedécidoit du succès. Toute la science mili-laire se bornait dans le choix des campe-mens & dans les moyens de trouver dessubsistmees. Le courage impétueux dusoldat fiifbit le reste. Les Romains netrouvèrent point d’ennemis à combattre ,ils furent les chercher dans leurs rem-parts où ils s'étoi-.nt renfermés. LesPi-Ioriens & les FidenateS Furent assiégés &contraints de fe rendre à la discrétion duvainqueur; tous les Latins furent passés
A N C
au fil de l’épée. Les Sabins & lesVéjen-tins entraînés dans la révolte des Latinscurent ta même destinée; les Vollquescourageux, mais fans discipline & sanssubordination, furent vaincus & punis.Plus la guerre étoit opposée aux inclina-tions A'Ancus , plus il exerqoit de ven-geances fur ceux qui l’avoient forcé deprendre les armes.
Ancus, indifférent à la gloire militaire,employa le loisir de la paix à construiredes monumens utiles. Ce fut fous sonrégné que le mont Aventin fut revêtud’une muraille. II fit construire sur leTibre un pont qui ouvrit une communi-cation facile entre les différens quartiersde Rome , St il établit un corps de trou-pes fur les bords dn fleuve, pour répri-mer les Incursions des Etrusques. Ce futlui qui jeta les fondemens d’une ville,à remhouchure du Tibre , pour en fairele grenier de Rome. Cette ville connueaujourd’hui fous le nom d’O/î/p, devintle magasin des richesses des nations, d’o àelles circulèrent dans la capitale du mon-de. II mourut Pan de Rome 136, aprèsun régné de vingt-quafre ans. Avant demourir , il proscrivit tout culte étranger.La teligion introduite dans l’état, etoitl’ouvrage de son aïeul. C’étoitun héritagede gloire qu’il eut l’ambition de trans-mettre à ses descendans. (T-u)
* ANCY-LE-FRANC , Géogr. mod.,
petite ville de France dans la Champa-gne , fur la riviere d’Armanqon , proched’Ancy-le-Savreux. * >
* ANCYRE , aujourd’hui AngurïouAkgooeIjV. Angouri. II y avoitencore dans la Phrygie Pacatienne uneville de ce nom, que les Grecs nom-moient Angyra.
ANCYROIDE à.yy.vçnitìní. Quelquesanatomistes fe servent de ce mot pontdésigner une éminence de l’omoplate enforme de bec : on l’appelle aussi corticoïde.V . Coracoïde Omoplate. (/.)
* ANCZAKRICH , Gíogl mod ., fleu-ve de la Podolie, qui se jette dans la merNoire proche d’Ocïacow.
ANDABATE, s. m. ffist. 1me., sortede gladiateurs qui ccmbattoient les yeuxfermés, soit qu’ils les eussent couvertsd’un bandeau , soit qu’ils portassent unearmure de tète qui se rabbattoit sur leurvisage. Quelques auteurs dérivent cémot du grec «tK&ìriiç , en latin nscenfor,