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Tome second. AL - AOU.
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commerce, plusieurs secrets de la natu-re, comme la métallurgie , la vertu dessimples, la puissance des cnchantemens,& l'art de lire dans le ciel la destinée deshommes.

Je ne m’amuserai point à prouver icicombien sont pitoyables tous ces raison-iiemens , par lesquels on prétend démon-trer que les anges & les diables font desphilosophes , & même de grands phi-losophes. Laissons cette philosophie deshabitans du ciel & du ténare ; elle esttrop au - dessus de nous : parlons de cellequi convient proprement aux hommes ,& qui est de notre ressort.

Adam , le premier de tous les hommes,a-t-il été philosophe ? c’est une chosedont bien des personnes ne doutent nul-lement. En effet , nous dit Hornius ,nous croyons qu’Adam avant fa chutefnt orné non - feulement de toutes lesqualités & de toutes les connoissances quiperfectionnent f esprit, mais même qu’a-près fa chute il conserva quelques restesde ses premières connoissances. Le sou-venir de ce qti’il avoir perdu étant tou-jours présent à son esprit, alluma dansson cœur un désir violent de rétablir enlui les connoissances que le péché luiavoir enlevées, & de dissiper les ténè-bres qui les lui voiloient. C’eft pour ysatisfaire, qu’il s’attacha toute fa vie àinterroger la nature, & à s’élever auxconnoissances les plus sublimes ; il y améme tout lieu de penser qu’il n’aurapas laissé ignorer à ses enfans la plupartde ses découvertes , puisqu’il a vécu silong-tems avec enx. Tels font à - peu-près les raisonnemens du docteur Hor-nius , auquel nous joindrions volontiersles docteurs Juifs, si leurs fables méri-toient quelque attention de notre part.Voici encore quelques raisonnemensbien dignes du docteur Hornins , pourprouver qu’Adam a été philosophe &méme philosophe du premier ordre. S’iln’avoit été physicien , comment auroit-il pu imposer à tons les animaux quifurent amenés devant lui , des nomsqui paroissent à bien des personnes ex-primer leur nature ? Eusebe en a tiréune preuve pour la logique d’Adam.Pour les mathématiques , il n’est paspossible de douter qu’il ne les ait sues;car autrement, comment auroit-il pu

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fe faire des habits de peaux de bétes,fe construire une maison , observer lemouvement des astres, & régler l’annéefur la course du soleil ? Enfin, ce qui metle comble à toutes ces preuves en faveurde la philosophie d’Adam.c'est qu’il a écritdes livres , & que ces livres contenoíenttoutes les sublimes connoissances qu’untravail infatigable lui avoit acquises. IIest vrai que les livres qu’on lui attribuefont apocryphes ou perdus ; mais celín’y fait rien , on ne les aura supposés àAdam , que parée que la tradition avoitconservé les titres des livres authenti-ques dont il étoit le véritable auteur.

Rien de plus aisé que de réfuter toutesces raisons : i°. ce que l’on dit de la sa-gesse d’Adarn avant sa chute , n’a aucuneanalogie avec la philosophie dans le sensque nous la prenons ; car elle consistoitcette sagesse dans la connoissance deDieu, de foi - même, & fur - tout dans laconnoissance pratique de tout ce qui pou-voit le conduire à la félicité pour laquelleil étoit né. II est bien vrai qu’Adam a eucette forte de sagesse : mais qu’a-t-ellede commun avec cette philosophie queproduisentla curiosité L ('admiration, fil-les de l’ignorance , qui ne s’acquiert quepar le pénible travail des réflexions , &qui ne se perfectionne que par le conflitdes opinions? La sagesse avec laquelleAdam futeréé, est cette sagesse divine, quiest le fruit de la grâce, & que Dieu versedans les âmes les plus simples. Cette sa-gesse est sans doute la véritable philoso-phie : mais elle est fort différente de celleque l'efprit enfante , & à l’accvoissementde laquelle tous les siécles ont concouru.Si Adam dans l’état d’innocence n’a pointeu de philosophie , que devient cellequ’on lui attribue après fa chute , & quin’étoit qu’un Foible écoulement de lapremiere? Comment veut-on qu’Adam,que son péché suivoit par-tout, qui n’é-toit occupe que du soin de fléchir sonDieu , & de repousser les miseres quil’environnoient , eût l’efprit assez tran-quille pour fe livrer aux stériles spécu-lations d’une vaine philosophie ? II adonné des noms aux animaux ; est-ce àdire pour cela qu’il cn ait bien connu lanature & les propriétés ? 11 raisonnoitavec Eve notre grand’m ère commune ,L avec ses enfans ; en conclurez-vous