772 A N T
gre & c!e i’Eulée, La villa de Pelée em-bellie par sa magnificence , fut appel-lée Antioche. II protégea les lettres &les arts, que fa vie agitée l’empècha decultiver. L'historien Mnefoptoleme futson plus cher favori. Quiconque faittìe grandes choses aime ceux qui lestransmettent à la postérité. Dans lesdifférens périodes de fa vie il fut diffé-rent de lui-méme. II parut dans fa jeu-nesse capable de tout exécuter, maisappesanti par l’âge, il n’eut plus la mê-me activité. Les médailles de ce princefont extrêmement rares. II y est repré-senté sous la figure d’un jeune homme ,la tête nue, avec un nez long & pointu.II régna trente-fept ans, & mourut dansla ij.ô c année de l’ere des Séleucides. IIlaissa tiens enfans, cinq princes & quatreprincesses.
Ce prince se servoit d’une the'riaquecontre toute sorte de poisons ; la com-position en étoit écrite sur mie pierre àí’entrée du temple d’Esculape. Voici larecette : prenez thym, opopanax , mil-let , de chacun deux gros & cinq grains ;trefle, un gros, deux grains &demi;semence d’anet, de fenouil, d’anis , depoivrette, d’ache , de chacun seize gros& quinze grains ; farines d'ers, douzegros & trente grains : pulvérisez cesdrogues, passez-les par le tamis, Afaites-en des trochisq lies de demi-gros, avecde bon vin : la dose est d’un demi grosdans un quart de pinte de vin. Pline , lib.XX, cap. 24. (À T )
Antiochus IV joignit au surnom dedieu celui à’Epiphcme ou illustre. Les Ro-mains, après la défaite de son pere An-tiochus le grand , le demandèrent pourgarant des traités. 11 fut élevé à Rome,& on lui fit bâtir un palais où il futtraité avec une magnificence royale. L’é-change des otages se faisoit tous les troisans; Démétrius, fils du roi Séleueusson frere, fut envoyé à Rome pour leremplacer. II en partit avec l’idéequ'ilne falloit q ne de l’argent pour en cor-rompre tons les habitans , tant la véna-lité avoit corrompu les mœurs de ce peu-ple autrefois si magnanime. En arri-vant à Athènes, il apprit que le roi Sé-leut’us avoit été affalltné par Héliodore ,qui avoit cru par un meurtre fe ft aye rtu» chemin »» tions de Syrie. Attaìo &
A N T
Eumene , ses deux freres, vinrentjoindre dans la Grece , & ils marchè-rent ensemble contre le meurtrier deleur pere, dont ils distàperent les par-tisans. Ce fut par le conseil de sos deuxfreres qu’il envahit la puissance suprêmequi appartenoit à leur neveu commun.Dès qu’il fut armé du pouvoir, il s’a-bandonna à tous ses penchans ; il for-tuit de son palais arec quelques com-pagnons de ses débauches, & fans dé-cence dans sos mœurs, il donnoit aupublic le spectacle scandaleux de I'i-vresse & de l’intempérance. Quelque-fois il fe montrait fans fuite, vêtu d’ti-ne robe d’or , & portant fur fa tête unecouronne du même meta! ; & prodi-gue fans être libéral, il jetoit l’argentà la populace , en disant : cet argent ap-partient à celui qui pourra le ramajsee.II se rendoit quelquefois dans la placepublique, où, vêtu à la romaine, ilarrêtoit les passans, dont il sollicitoit àprix d’argent les suffrages pour le nom-mer édile ou tribun du peuple; & lorf-qn’il avoit été nommé, il te plaqoit furune chaise d’ivoíre pour rendre la justi-ce. C’étoit par ces révoltantes bouffon-neries qu’il dégradoit la majesté du trô-ne. II faisoit paroître la même extra-vagance dans la distribution des charges& des honneurs : & plus son choix étoitscandaleux & bisorre, plus il lui sem-bloit jouir de son pouvoir. Ce fut parun de ces caprices, qu’il dépouilla dela souveraine sacrificature des Juifs,Ornas, respectable par sa science & sesmœurs, pour en revêtir Jason, stettripar l’excès de ses impiétés. Ce prêtre sa-crilège introduisit les cérémonies de laGrece dans le temple de Jérusalem;quelques Juifs apostats qui lui étoientdévoués, & qui jouiffoient du droit debourgeoisie dans Antioche , y furent en-voyés avec de grandes sommes d’argent,pour fournir aux dépenses des sacrifi-ces qu’on offroìt à Hercule. La circQn-cision fut défendue, afin que les Juifs,dans leur nudité, ressemblassent anx au-tres peuples de la terre , & qu'on n’eûtplus le droit de leur reprocher leur sin-gularité.
Quoiqu ’Antiochus Fût bisarre dans sesgoûts, & lans frein dans ses penchans ,íl n’était pas fans élévation dans l’ef-