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n’y a donc aucun pouvoir : il se borneau pays de i’immortalité , à ce qui est defa nature incorruptible ; Aristote , pourassurer la liberté de l’homme , croyaitne pouvoir mieux Faire que de nier laprovidence : en failoit-ii davantage pourarmer contre lui les prêtres intéressés dupaganisme ? Ils pardonnaient rarement»& sur-tout à Ceux qui voulaient dimi-nuer de leurs droits & de leurs préroga-tives.
Quoique ta vie d’Aristote ait toujoursété Fort tumultueuse , soit au Lycée,toit àla cour de Philippe , le nombre de les ou-vrages est cependant prodigieux : on enpeut voir les titres dans Diogene Laêrce,& plus correctement encore dans JérômeGémufseus, médecin & ProF. en philoso-phie à Bâle , qui a composé un traitéintitulé de vitá Aristotdís , c jus operum
censura, encore ne Fommes-nous pas iursde les avoir tous : il est mêrïie probableque nous en avons perdu plusieurs , puis-que Cicéron cite dans ses entretiens despassages qui ne l’e trouvent point aujour-d’hui dans les ouvrages qui nous restentde lui. On an roi t tort d’en conclure ,comme quelques-uns l'ont fait , que danscette fouie de livres qui portent le nomd'Aristote , & qui passent communémentpour êtfe de lui, il n’y en a peut - êtreaucun dont la supposition ne paroissevraisemblable. Kn effet , il seroit aiséde pron ver , si l’on vouloit s’en donnerla peine , l’authenticité des ouvragesd’Aristote , par l’autorité des auteurs pro-fanes , en descendant de siecle en siecledepuis Cicéron jusqu’au nôtre : conten-tons - nous de celle des auteurs ecclé-siastiques. On ne niera pas fans douteque les ouvrages d’Aristote n’existassentdu temps de Cicéron » puisque cet auteurparle de plusieurs de ces ouvrages , ennomme dans d’autres livres que ceuxqu’il a écrits fur la nature des dieux ,quelques-uns qui nous restent encore ,ou du moins que nous prétendons quinous restent. Le christianisme a com-mencé peu de temps après la mort deCicéron. Suivons donc tous les peíesdepuis Origene & Tertullien : consul-tons les auteurs ecclésiastiques les plusillustres dans tous les siécles, & voyons siles ouvrages d’Aristote leur ont été con-nus. Les écrits de ces deux premiers au-l'ouu 1H. fart. /.
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teurs ecclésiastiques font remplis de pas-sages, de citations d’Aristote, ibit pour lesréfuter, soit pour les opposer à ceux dequelques autres philosophes. Ces passa-ges se trouvent aujourd’hui , exceptéquelques-uns, dans les ouvrages d’Aristo-te. N’est-jl pas naturel d’en conclure queceux que nous n’y trouvons pas, ont étépris dans quelques écrits qui ne font pasparvenus jusqu’à nous ? Pourquoi, si lesouvrages d’Aristote étoient supposés , yverroit-on les uns & point les autres? Yauroit-on mis les premiers, pour empê-cher qu’on ne connût ia supposition ?Cette même raison y eût dû faire mettreles autres. Il est visible que c’est ce man-que & ce défaut de certains passages «qui prouve que les ouvrages d’Aristotefout véritablement de lui. Si parmi legrand nombre de passages d’Aristotequ'ont rapportés les premiers peres,quel-ques-uns ont été extraits de quelquesouvrages qui font perdus , quelle impos-sibilité y a-t-il que ceux queCiceron a pla-cés dans ses entretiens fur la nature de»dieux , avent été pris dans les mémes ou-vrages ? 11 seroit impossible d’avoir lamoindre preuve du contraire,puisque Ci-céron n’a point cité les livres d’où il lestiroit. Saint Justin a écrit un ouvrageconsidérable fur la physique d’Aristote ion y retrouve exactement,non-feulementles principales opinions, mais même unnombre infini d’endroits des huit livre»de ce philosophe. Dans presque ton» lesautres ouvrages de saint Justin, il est faitmention d’Aristote. Saint Ambroise &saint Augustin nous assurent dans vingtendroits de leurs ouvrages , qu’it ont lûles ouvrages d’Aristote ; ils les réfutent»ils en rapportent des morceaux, & nousvoyons que ces morceaux le trouventdans les écrits qui nous restent , & queces réfutations conviennent parfaitementáux opinions qu’ils contiennent. Allonsmaintenant plus avant, & passons au si-xième siecle s Boéce, qui vivoit au com-mencement, parle souvent des livres quinous restent d’Aristote , & fait mentionde íes principales opinions. Caffiodore,qui fut contemporain de Boéce, mais quimourut beaucoup plus tard , ayant vécujusque vers le septième siecle , est enco-re un témoin irréprochable des ouvragesd’Aristote. II nous fait connoître qu’il
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