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Tome troisieme. APA - ATZ.
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pour maintenir la théologie scholastiqae ,lit ilu tort à la bonne philosophie ; il setrouva par-là que tandis que dans toutesles universités qui n’obéissoient plus à lacour de Rome , on dictoit une philosophieraisonnable , dans celles au contraire quin'avoient osé secouer le joug , la barbariey regnoit toujours. Mais il faut être bienaveuglé par les préjugés pour penser pa-reille chose. Je crois que l’univerfité deParis a été la premiere à dicter la bonnephilosophie; & pour remonter à la sour-ce, n’est-ce pas notre Descartes qui le pre-mier a marqué la route qui conduit à labonne philosophie ? Quel changement fitdonc Luther dans la philosophie ? il n’é-crivit que sur des points de théologie.Suffit-il d’ètre hérétique pour être honphilosophe ? Ne trouvons-nous pas unebonne philosophie dans les mémoires del’académie? il n’y a pourtant rien que Ré-gisse romaine ne puisse avouer. En unmot, les grands philosophes peuvent êtretrès-bons catholiques. Descartes, Gassen-di , Varignon , Maliebranche, Arnaud, &le célébré Pascal, prouvent cette véritémieux que toutes nos rai sons. 8 i Luther &les protestans n’en veulent précisémentqu’à la théologie scholaitique , on va voirpar ceux dont nous allons parler , fi leuropinion a le moindre fondement.

A la tête des scholastiques nous devrionsmettre fans doute St. Thomas & PierreLombard ; mais nous parlons d’un tempsbeaucoup plus récent: nous parlons iddes scholastiques qui vivoientvers le temsde la célébration du concile de Trente.

Dominique Soto , un des plus célé-brés , naquit en Espagne de parens pau-vres ; fa pauvreté retarda le progrès deses étudesjil Fut étudier à Alcala de Hena-rcs; il eut pour maître le célébré ThomasdeVilla-Nova : de-là il vint à Paris, où ilprit le bonnet de docteur; il repassa enEspagne , & prit l’hahit de saint Domini-que à Burgos. Peu de temps après il suc-céda à Thomas de 8. Victor dans unechaire de professeur à Salamanque.il s’ac-quit une fi grande réputation, que CharlesV le députa au concile de Trente, pour yaffister en qualité de théologien. La cour& la vue des grands le fatiguèrent ; lachaire de professeur avoit beaucoup plusd’attraits pour lui : aussi revint-il en faireles fonctions, & il mourut peu de temps

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après. Outre les livres de théologie qui lerendirent si fameux , il donna des com-mentaires fur Aristote & fur Porphyre. IIdonna auffi en sept livres un traité dudroit & de la justice,où on trouve d’excel-lentes choses , & des raisonnemens quimarquent un esprit très-fin. II eut pourdisciple François Tolet, dont nous parle-rons dans la fuite.

François de S. Victor vivoit à-peu-prèsvers le temps île Dominique Soto ; il na-quit au pays des Cantabres;il fit ses étudesà Paris, où il prit auffi l’habit de saint Do-minique. On l’envoya professer la théo-logie à Salamanque , où il le rendit très—cèle brc;il y composa entr'autres ouvrages,ses livres fur la puissance civile & ecclé-siastique. Plusieurs assurent qu’ils ontbeaucoup servi à Grotius pour faire sondiroit de la guerre & de la paix; le ven-geur de Grotius paroít lui-même en con-venir. On trouve en effet beaucoup dev ues dans ce traité & beaucoup d’idées quifont si analogues à certaines de Grotius ,qu'ilseroit difficile qu’elles ne les eussentpoint occasionnées.

Bannés fut encore un des plus célébrésthéologiens de l’université de Salaman-que ; il étoit subtil, & ne trouvoit pourl’ordinaíre dans les peres de l’église quece qu’il avoit pensé auparavant ; de sorteque tout paroissoit se plier à ses sentimens.II soutenoit de nouvelles opinions ,croyant n’avoir d’autre mérite que de lesavoir découvertes dans les peres. Presquetout le monde le regarde comme le pre-mier inventeur de la prémotion physique,excepté l’école de 8. Thomas, qui l’attri-bue à S. Thomas même ; mais en vérité jevoudrois bien savoir pourquoi les domini-cains s’obstinent à refuser àBannés le mé-rite de les exercer depuis long-temps. Sisaint Thomas est le premier inventeur dela prémotion physique, elle n’en acquerrapas plus de certitude que si c’étoit Bannés:ce ne font pas les hommes qui rendent lesopinions bonnes, mais les raisons dont ilsles défendent; & quoi qu’en disent tontesles différentes écoles , les opinions qu’el-les défendent ne doivent leur origine ni àla tradition écrite ni à la tradition orale.11 n’y en a pas une qui ne porte le nom deson auteur, & par conséquent le caractèrede nouveauté; tous pourtant vont cher-cher des preuves dans récriture & dans les

peres,