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qui aiment naturellement l’indépendan-ce, aient fléchi ie genou íì long-temps de-vant Aristote ? c’est un problème qui mé-riterait !a plume d’un homme d’espritpour le résoudre : cela me surprend d’an-tant plus, qu’on écrivoit déja contre lareligion. La révélation gênait; on ne vou-lait pas captiver son esprit sous les pro-phètes , fous les évangélistes , fous saintPaul: sesépitres pourtant contiennent unemeilleure philosophie que celle d’Aristo-te. Je ne suis pas surpris de voir aujour-d’hui des incrédules: Descartes a appris àn’admettre rien qui ne soit prouvé très-clairement. Ce philosophe qui eonnoiíïoitle prix île la foumiffion, la refusa à tous-les philosophes anciens. L’intérêt ne leguidait pas ; car par íes principes , on acrime devoir le suivre que lorsque ses rai-sons étaient bonnes. Je conquis comment■on a étendu ce’ examen à toutes choses,même jusou’à la religion : mais que dansun temps an tout en philosophie se jugeaitpar autorité , on examinât la religion ,■voilà ce qui est extraordinaire.
François Piecoìomini fut encore un deceux qui firent honneur à la philosophiepér.paté icienne. II semble que son espritvoulniìsjrtirdesentravesoùil était. L'au-torité d’Aristote ne lui suffisoit pas : il osaauffi penser commePlaton ; ce qui lui at-tira sur les bras le fougueux Zaborella.Leur dispute fut singulière; ce n’étoitpoint furies principes de la morale qu’ilsdisputaient, mais fur la façon de la trai-ter. Piccoiomini vouioit qu’on la traitâtsynthétiquement, e’est-à-dire, qu’on par-tit des principes pour arriver aux conclu-sions. Z.iboreila disait qu’à la vérité dansl’ordredela nature on procédait ainsi,mais qti’il n’en était pas de même de noscónnoissanees; qu’il fallait commencerpat les effets pour arriver aux causes ; &tonte fou attention était à démontrerqu'Aristote avait pensé ainsi,croyant bienavoir terminé la dispute s’il venait à boutde ie démontrer: mais il se trompait.Lorsque Piccoiomini était battu par Ari-stote,- il se-réfugiait chez Platon. Zabo-rella né'daignait pas- mémo l’y attaquer ;il aurait ern manquer au respect dû à sonmaître, en lui sonnant un rival. Piccolo-rtsitti’ voulut accorder ces deux -philoso-phes ensemble ; il croyait que leurs prin-cipes étaient les mênies,&que-pd-r eonsé-quentiisdévoient s’actorder dans les con-
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closions. Les zélateurs d’Aristote improu-vereut cette conduite ; ils voulaient queleur maître Fût le seul de I’antiquité quieût bien pensé. II mourut âgé de quatre-vingt-quatre ans. Les larmes qui furentversées à fa sépulture,font floraison fune-, bre la plus éloquente qu’on puisse faire delui ; car les hommes n’en aiment pas nnautre précisément pour ses tal.ens ; filecœur lui manque, ils se bornent à estimerl’esprit. François Piccolomini-mérita l’el-time & l’amitié de tousses citoyens. Nousavons delui un commentaire furies livresd'Aristote qui traitent dir ciel,& fur ceuxqui traitent de l’origine'& de la mort del’ame;un système de philosophie naturel-le& morale, qui parut sous c.e titre : lotSience parfaite N philosophique ie tou-te la nature, distribuée en cinq paxties.
Les grands étudiaient alors la philoso-phie , quoiqu’elle ne fut pas à beaucoupprès si agréable qu’aujourd’hui. CyriaqueStrozzi fut du nombre : il était de l’illu-stre mai sou de ce nom chez les Florentins.Après une éducation digne de fa hautenaissance, il crut nécessaire pour fa perfec-tion, de voyager dans les différentes par-ties de l’Europe. II ne le fit point enhom-me qui voyage précisément pours’amuser.Toute >'Europe devint un cabinet pourlui, où il travaillait autant & avec plusde fruit que certains favans qui croiraientperdre leurs temps s’il» voyaient quelque-fois le jour. De retour dans fa patrie, onle nomma professeur ; car les grands 11 e secroyaient pas alors déshonorés en prou-vant qu’ils en savaient plus que les autres.II fut ensuite professeur à Bologne , d’oùil fut transféré à Pise ; par-tout il soutintsa réputation qui était fort grande. 11 en-treprit de donner au public le neuvième& le dixieme livre de la politique d’Ari-stote , qui sont perdus. Ils ne sont peut-être pas de la force de ceux qui sont sortisde la plume d’Aristote : mais on peut direqu’il y a de la finesse dans ses réflexions',de la profondeur dans ses vues, & de Ves-prit semé dans tout son livre. Or dans cetemps-là l’esprit était beaucoup plus rareque le savoir: & je suis persuadé que telsqui brillaient alors , ' ne poiirroient pasécrire deux lignes aujourd’hui ; il faut al-lier la science avec l'esprit.
André Cisalpin & César Crémnnin sorendirent fort illustres dans leur siécle. IIest aisé fié fixer les yeux de toutle monde