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Tome troisieme. APA - ATZ.
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encoreTêmpli (Terreurs. Selon lui,il n’y aaucune différence entre la modification Scla substance:& ce qu’il y a de singulier, ilveut qu’on définisse la matière L Indiffé-rons corps,par les différons accidens & lesqualités qui les affectent. II est fans doutedans tout cela plein de contradictiommaison ne la u roi t lui refuser d’avoir défenduquelques - unes de ses propositions avecbeaucoup de subtilité & fort ingénieuse-ment. On ne sauroit trop déplorer qu’untel génie se soit occupé toute sa vie à deschoses si inutiles. S'il avoit entrevu levrai, quels progrès n’auroit-il point Fait ?Presque tous les fa vans, comme j’ai déjaremarqué, reprochent le spinosisme àCae-salpin. II faut pourtant avouer qu’il y aquelque différence essentielle entre lui& ce célébré impie. La substance uniquedans les principes de Cacsalpin, ne regar-,doit que famé; & dans les principes deSpinola elle comprend auffi la matière:mais qu’importe ? L’opinion de Cisalpinne détruit pas moins la nature de Dieuque celle deSpinosa. SelonCœsalpin,Dieuest la substance dn monde, c’est lui qui leconstitue , & il n’est pas dans le monde.Quelle absurdité ! il considérois Dieu parrapport au monde , comme une poule quicouve des œufs. II n’y a pas plus (factiondu coté de Dieu pour faire aller le monde,qu’il n’y en a dn coté de cette poule pourfaire éclore ses œufs : comme il est impos-sible, dit-il ailleurs, qu’une puissance soitsans sujet, aussi est-il impossible de trou-ver un esprit sans corps. II est rempli depareilles absurdités qu’il seroit superflude rapporter.

Crémonin fut un impie dans le goût deCassalpin; leur impiété étoit formée sur lemême modelé, c’est-à-dire, snr Aristote.Ces efpeces de philosophes ne pouvoientpas s’imagiuer qu’il fût possible qu’Ari-stote fefût trompé en quelque chose; toutce que ce philosophe leur maître avoitprononcé leur paroiffoit irréFragabletvoi-íà pourquoi tous ceux qui faifoient pro-fession de le suivre à la rigueur, nioientl’immortalité de famé & la providence ;ils ne croyoient pas devoir profiter deslumières que la religion chrétienne avoitrépandues fur ces deux points. Aristotene.Tayoit point pensé ; pouvoit on mieuxpenser après loi ? S’jls avoient un peu ré-fléchi fur leur conduite,ils se seroient ap-.perqus q'j;A/jll,o,te^’çtqit pojutz Ieúï,iuaî r

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tre, mais leur dieu ; car il.n’est pas d’unhomme de découvrir tout ce qu’on peutsavoir & de ne se tromper jamais. Avecune telle vénération pourAristote.on doits’imaginer aisément avec quelle fureur ilsdévoroient les ouvrages. Crémonin a étéun de ceux qui les ont le mieux entendus.

II se fit une grande réputation qui lui at-tira Tamitié & l'estime des princes , &voilà ce que je ne comprends pas; car cet-te espece de philosophie n’avoit rien d’at-trayant.Je ne serois pas surpris si les phi-losophes de ce temps-là avoient été ren-voyés dans leur école ; car je sens qu’ilsdévoient être fort ennuyeux: mais qu’au-jourd’hui ce qu’on appelle un grand philo-sophe ne soit pas bien accueilli chez lesrois , qu’ils n’en fassent pas leur ami,voilà ce qui me surprend ; car qui dit ungrand philosophe aujourd’hui, dit unhomme rempli d’une infinité de connois-sances utiles & agréables, un homme quiest rempli de grandes vues. On nous diraque ces philosophes n’entendent rien à lapolitique : ne fait on point que le traindes affaires est une espece de routine , &qu’il faut nécessairement y être entré pourles entendre?Mais croit-on qu’urj hommequi par ses ouvrages est reconnu pouravoir un génie vaste & entendu,pour avoirune pénétration surprenante, croit-on,dis-je, qu’un tel homme ne seroit pas ungrand ministre si on l’employoit ? Ungrand esprit est toujours actif & se portetoujours vers quelque objet: il seroitdonc .quelque chose; nous verrions cer-tains systèmes redressés , certaines coutu-mes abolies, parçe qu’elles font mauvai-ses ; on verroit de nouvelles idées éclore& rendre meilleure la condition des ci-toyens; la société en un mot se perfec-tionneroit, comme la philosophie se per-fectionne tous les jours. Dans certainsétats on est aujourd’hui, eu égard au sy-stème du bien général de la société , com-me étóient ces philosophes dont je parlepar rapport aux idées d’Aristotc ; il fautespérer que la nature donnera à la sociétéce qu’elle a déja donné à la philosophie ;la société aura son Descartes qui renver-sera une infinité de préjugés , & f q ra rirenos derniers neveux de toutes les sottisesHue nous avons adoptées. Pour re,venir,àCrémonin, le fond de son système est lemême que celui de Cacsalpin. Tous cesphilosophes sentaient leur impiété, pahgk