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Tome troisieme. APA - ATZ.
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sophes quM’avoient précédé, si on en ex-cepte Aristote & quelques anciens. IIexamina la philosophie if Aristote, &il yapperqut plusieurs erreurs; il eut le cou-rage <1? les rejeter, & aller d’esprit pourlé faire avec succès. II est beau ,( e lui en-tendre .dire dans la préface de la méthodede la médecine de prédiction, car tel est letitre du livre: “Je m’attacbe à vengerla doctrine de Jelhs-Christ, & je n'accordeà Aristote rien de ce que Jésus-Christ pa-rois lui refuser ; je n’examine pas mé nece qui est contraire à l’évangile , percequ’avant tout examen , je fuis assûré quecela est faux.,, Tous les philosophes de-Vroient avoir dans l’efprit que leur philo-sophie ne doit point être opposée à la reli-gion ; toute ! eur raison doit s’-y-briser,parceque e’.'st un édifice appuyé furl'un-muable vérité. II faut avouerqu’il eiì dif-ficile de saisir son système philosophique.Je sais seulement qu’il méprisoit beau-coup tous les. commentateurs d’Aristote,& qu’il avoue que ia philosophie péripa-téticienne lui plaisoit beaucoup , maiscorrigée & rendue conforme à l’évangile ;c’est pourquoi je ne crois pas qu’oii doivel’effhcer du catalogue des péripatéticiens,quoiqu’il ,1’ait réformée en plusieurs en-droits. Un esprit auífi hardi que le sien nepouvoit manquer de laisser échapper quel-ques paradoxes : ses adversaires s’en fontservis pour prouver qu’il étnit athée :mais en vérité , le respect qu’il témoignepar-tout à la religion, & qui certainementn’etoit point simulé , doit le mettre à l'a-b-ri d’une pareille accusation. II ne pré-voyoit pas qu’an pût tirer de pareillesconséquences des principes qu’il avan-çoit ; car je fuis persuadé qu’il les auroitrétractés, ou les auroit expliqués de Fa-çon à satisfaire tout le monde. Je croisqu’on doit être fort réservé sur l’accusa-tion d'athéisme ; & on ne doit jamaisconclure fur quelques propositions hasar-dées , qu’un homme est athée; il fautconsulter tous ses ouvrages , & l’on peutassurer que s’il Test réellement, son im-piété se fera sentir par-tout.

Michel Piccart brilloir vers le temps deNicolas Taureiil; il professa de bonnelieure la logique , & s’y distingua beau-coup ; il itiiv.t le terrent & fut péripaté-ticien. On lui confia après les premiersestais la chaire de métaphysique & de poé-sie , cela paroi t assez diíparat, & je u’au-

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gure guere bien d’un temps où on donneune chaire pour la poésie a un péripatéti-cien : mais enfin il étoit peut-être le meil-leur dans ce temps-l i, &il n’y a rien àdire lorsqu’oa vaut mieux que tous ceuxde son temps. Je ne comprends pas com-ment dans nu siécle où on payoit si bienles savans , Piccart fut si pauvre ; car illutta toute fa vie contre la pauvreté 5 Scil fit bien connoítre par fa conduite quela philosophie de son cœur & de son es-prit valoir mieux que celle qu’il dictoitdans les écoles. 11 fit un grand nombred’ouvrages, & tous fort estimés de l'on vi-vant. Nous avons de lui cinquante & unedissertations , où il fait connoítre qu’ilpossédoit Aristote supérieurement. II fitaussi le manuel de la philosophie d’Ari-ílote, qui eut beaucoup de cours : la ré-putation de Piccart subsiste encore ; L,ce qni ne peut guere se dire des ouvragesde ce temps-là , on trouve à profiter dansles siens.

Corneille Martini naquit à Anvers; ily fit ses études, & avec tantde distinction,qu'on i'attira immédiatement après à Am-sterdam, pour y proftsser la philosophie.11 étoit subtil, capable d’embarrafler unhomme d’esprit, & se tiroit aisément detout en bon péripatéticien. Le duc deBrunswick jeta les yeux fur lui, pourl’envoyer au colloque de Ratisbonne.Gretzer qui étoit aulìi député à.ce collo-que pour le pai ti des catholiques , trouvamauvais qu’on lui associât un professeurde philosophie , dans une dispute où onne devoir agiter que des questions de théo-logie; c’est ce qui lui fit dire lorsqu'il vitMartini dans l’assemblée, qunl Siiiilinterfrophetits quœrit ? A quoi Martini répon-dit, ajinam patrissttì. Dans la fuite Mar-tini fit bien connoítre que Gretzer avoiteu tort de se plaindre d’un tel second. 11fut très-zélé pour la philosophie d’Ari-stote ; il travailla toute fa vie à la défen-dre contre les assauts qu’on commençoitdéja à lui livrer. C’est ce qui lui fit pren-dre les armes contre les partisans de Ra-mus ; & on peut dire que ce n’est que pardes efforts redoublés que le péripatétiunese soutint. II étoit prêt à disputer contretout le monde : jamais de fa vie il n’a re-fusé un cartel philoiophique. 11 mourutâgé de S 4 a us, un peu martyr du péripaté-ticisme;car il avoit altéré sa santé,sois parle travail opiniâtre pour défendre son