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“ A l’égard de la profondeur d» ter-lein occupé par Vannée , elle ne contientque celle de deux bataillons ou de deuxescadrons, avec la distance de deux li-gnes , qu’on peut régler de 150. toises ;ainsi cette profondeur n’auroit guere que160 toises. On n’a point parlé des réser-ves dans ce calcul, parcs qu’elles n’ontpoint de poste fixe & déterminé.
II est difficile de ne pas convenirqu'ime étendue de 4.592 toises , ou dedeux lieues communes de France , telleqifest celle du front d'e r«r»«ée qu’onvient de supposer, est exorbitante parrapport à la profondeur de cette mêmeannée. Aussi d’habiles généraux pen-sent - ils qu i! seroit à propos de diminuerce front en retranchant quelque chosede la grandeur des intervalles.
M. le maréchal de Puysegur est non-senlement de l’avis de ceux qui croientque les grands intervalles font préju-diciables & qu’it faut les diminuer ;mais il pense encore qu’il seroit à pro-pos. de faire combattre les troupes àlignes pleines, c’est-à-dire, fans inter-valle.
11 suppose , pour en démontrer l’a-vantage , îo bataillons de 120 hommesde front fur six de hauteur, rangés àcoté les uns des autres fans aucun inter-valle , & que chaque bataillon occupelin espace de 40 toises de front : il sup-poseaufsi 10 bataillons dépareille force ,qui leur soient opposés & rangés à l’or-diiiaire avec des intervalles égaux à leurfront: cela posé , il paroît évident queles 20 bataillons battront fans difficultéles 10 opposés, & même 15 qui occupe-roientun pareil front; car lorsque deuxtroupes combattent Tune contre l’antre ,l’avantage doit être d u coté de celle quia le plus de combattans qui agissent en-semble dans le même lieu. II est arrivécependant quelquefois que des lignespleines ont été battues par des lignestant pleines que vuides, mais l’événe-ment en doit être attribué aux troupesde la ligne pleine , qui n’ont pas su en-trer dans les intervalles de l’autre ligne ,& attaquer le flanc des bataillons deCette ligne.
M. de Puysegur examine encore siune armée rangée sur une seule lignepleine , sera placée plus avantage use-
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ment qu’une autre armée de pareil nom-bre de bataillons & d’escadrons rangéefur deux lignes tant pleines que vuides.II est clair qu’alors les deux armées oc-cuperont le même front: mais il ne l’estpas moins que fi des deux troupes qui ontà combattre , l’une joint tout son monde& l’autre le sépare , celle qui attaqueavec tout le sien a incontestablement unavantage considérable sur k partie qu’elleattaque L qu’elle doit battre en détailtontes celles de la troupe dont le mondeest séparé.
S'il est difficile de ne pas penser là-deffus comme l’illustre maréchal quifait cette observation , on peut lui ob-jecter , & il ne se le dissimule pas, quesi la premiers ligne est rompue , la se-conde vient à son secours pour en réta-blir le désordre : & que la premièrepeut alors se rallier derrière la secon-de ; au lieu qu’en combattant à lignepleine , si l’effort de cette ligne ne réus-sit pas, Vannée se trouve obligée de pliersans pouvoir se reformer derrière au-cun autre corps qui la couvre & qui 1aprotège. A cela M. le maréchal de Puy-segur, d’accord avec le savant marquisde Santa-Crux , prétend que tout le suc-cès d’une bataille dépend de l’attaque dela premiere ligne, & que si elle est rom-pue , la seconde ne peut guere rétablir lecombat avec avantage. Ajoutez à cela,que cette seconde ligne s’avanqant avecla même foiblefl'e dans son ordre de ba-taille que la premiere , elle fera battueavec la même facilité par la ligne plei-ne , qui a presque le même avantage surcette ligne que sur la premiere; on ditpresque , parce qu’il n’est pas possibleà la ligne pleine débattre celle qui luiest opposée sans déranger un peu sonordre , & que la seconde ligne arrivantdans ce moment est en état d’attaquerla ligne pleine avec plus d’avantage quela premiere ne le pouvoit faire. Ï1 fautvoir plus en détail dans l’ouvrage de M.le maréchal de Puysegur, tous les rai-sonnemens par lesquels il démontre enquelque faqon ce qu’il dit à l’avantagedes lignes pleines. Ce détail n’est pointde la nature de ce traité, & nous n’enavons dit un mot, que pour exciter lesmilitaires à ne pas négliger l’étude d’unlivre aussi utile pour l’inteUigence de leu*