47o ARS
C’est pourquoi on ne peut approuver lasécurité finguliere avec laquelle unaulfi grand médecin que l’étoit Hoff-mann , s’efforce d’inspirer de la confiancepour des drogues aulfi suspectes que leîontrorpiment & le réalgar naturels.
On ne prétend pas dire pour cela qu’îlne peut point y avoir tle différences es-sentielles entre f orpiment naturel &Y arsenic jaune factice. On convient mê-me que Varsenic contenH dans f'orpi-ment y est vraisemblablement mieux liépar le soufre, & qu’il y est d’aillems enmoindre proportion ,■ car une partie del’orpiment parolt être composée d'unepierre spatheuse, & d’une espece de mi-ca , ce qui lui donne une forme feuille-tée & brillante.
Lorsque Y arsenic est combiné avec lesoufre , on peut séparer une partie dusoufre par la seule sublimation, parcequ’il est plus volatil ; mais il y a toujoursune portion du soufre qui demeure unieavec l 'arsenic , & que l’on ne peut en sé-parer que parle secours d’un intermède.
L’alkali fixe & le mercure font deuxintermèdes propres à faire cette opéra-tion.
Lorsqu’on se set t de l’alkali fixe,il FautJe prendre en liqueur & en former unepâte avec Y arsenic sulfuré qti’on veut su-blimer, mettre cette pâte dans un vais-seau , la sublimer & pouffer la sublima-tion par un feu gradué : Y arsenic se subli-me en fleurs blanches. Si l’on mettoittrop d’alkali, on retirerait moins A'arse-nic , parce que la portion d’alkali, qui neseroit pas saturée de soufre , le retien-drait. On trouve du Foie de soufre aufond du vaisseau après l’opération.
Lorsqu on se sert du mercure pour fai-te cette séparation , il faut le triturer &l’éteindre avec Y arsenic sulfuré, & pro-céder à la sublimation. Varsenic monted’abord ; ensuite il se sublime du cina-bre. Toutes les matières métalliques quiont plus d’affinité que le mercure avec lesoufre, sembleraient pouvoir être em-ployées pour cette opération. Mais deuxraisons s’y opposent :
l°. Elles ont aulfi beaucoup d’affinitéavec Varsenic , & le mercure, n’en a pas.
1°. IYarsenic a. la propriété très-remar-quable d’enlever à toutes les matièresmétalliques, excepté à l’or, à l’argent <&:au mercuie, une partie de leurpliIogU
A R S
stique, cti forte qu’il se sublimerait àmoitié régulisé.
Dans l’opération par le mercure , sou-vent une partie du cinabre monte aveeY arsenic ; ce qui oblige de le sublimerune seconde fois.
Varsenic se dissout dans tous les aci-des, & forme avec eux des combinaisonsqui n'ont point encore été examinéesdans un détail suffisant. L’acide vitrioli-que a la propriété de le rendre infinimentplus fixe qu’il ne Test naturellement jeffet qu’il produit aulfi silr le mercure.
Si l'on traite ensemble par la distilla-tion un mélange à’arsenic & d’acide vi-triolique concentré, on retire un acidevitriolique , qui quelquefois , suivant['observation de M. Macquer , a uneodeur tout-à-fait imposante d’acide ma-rin. Lorsque l'on a poussé cette dissolu-tion jusqu’à ce qu’ii ne monte plus d’a-cide , alors la cornue est presque rouge,il ne se sublime point d'arsenic , maiscette substance relie dans une fonte tran-quille au Fond de la cornue. En la lais-sant refroidir , on trouve Y arsenic envue seule masse , compacte , très-pesaute,cassante & transparente comme dn cry-ftal. Cette espece de verre exposé à l’airs’y ternit en peu de temps, à cause del’humidité qu’il en retire , qui le dis-sout, & qui le résout même en partieen liqueur; ce déiiquium est extrême-ment acide.
Varsenic, traité avec le phlogistiqued'une maniéré convenable , se combineavec lui, & prend toutes les propriétésd’un demi-métal très-volatil, d’une cou-leur plus ou moins sombre , blanche oubrillante : on nomme cette substancerégule d'arsenic.
L’arsenic qui est dans le commerce , setire dans les travaux en grand, qu’on faitprincipalement en Saxe, fur le cobolt,pour en tirer le sâffre ou bleu d’azur. Ceminéral contient une très-grande quan-tité d 'arsenic , qu’on est obligé de sépa-rer par une longue torréfaction : cet ar-senic seroit perdu , sans un moyen qu’ona imaginé , & qu’on pratique pour le re-tenir & le rassembler.
Pour cela on grille le cobolt dans uneespece de four voûté , auquel est ajustéeune longue cheminée tortueuse. L’m--senic réduit en vapeurs enfile cettecheminée & s’y amasse ; les portions