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proposer lin but plus digne de Vart &«i’eux-mêmes , ils se contentent de cha-touiller p->r d’agréables images les appé-tits sensuels de l’arae.
II est évident , & nous l’avons de'jaobservé, que ce n’est que pour fer v'r d’ap-pât & <l’indice à ce qui est bon, que lanature emploie la beauté : ce ne doit doncêtre également que pour tourner notreattention vers le bien , & nous le fairechérir , que les «rír déploient le charmequi leur est propre. S’ils n’ont pas ce but,ils «'intéressent que bien peu le genrehumain , & ne peuvent mériter ni l’e-Jtime d u sage ni la protection des gou-vernemens, ait lieu que par les foins &Ja vig'lanee d’urie politique éclairée , lesbeaux-arts feront les principaux instru-jnens du bonheur des mortels.
Concevons les beaux-arts parvenus àtonte la perfection dont il. font suscep-tibles, & universellement accueillis chezime nation : examinons le- avantagesihnltsoués qu’onen retirera. Là , tout cequ’on verra, tout ce qu’nn entendra, por-tera P empreinte de la beauté L des grâ-ces ; le séjour des citoyens, leurs maisons,le mobilier , les vétemens, tout ce quienvironnera les hommes, y fera, grâce àl'infii.ence du bon goût & à la culturedes taiens & du génie , également beau& parlait, &'iur-tout cc-t indispensable &merveilleux organe destiné à communi-quer aiix autres ce que l’on pense & cequel’on sent : l’œií ne pourra promeneríés regard'- d’aucu n coté, Poreille ne ferafrappée d'aucun l'on , que les (eus inter-nes ne soient en même temps émns par lesentiment du l’ordre, de la convenance& de la perfection: tout y excitera l’cs-prit à s’oecuper d’objets propres à le for-mer toujours plus, & tout y fera naîtredans le coeur une douce sensibilité; effetnaturel des sensations agréables q-ie cha-que objet fournira. Ce que là nature faitdans les climats les plus heureux, lesbeaux-arts le font par-tout où ils brillentde leurs ornemens naturels ( P'oyez cì-devimt Architecture ). Toutes lesforces dé Paine se développent & s’épu-rent nécessairement de plus en plus dansún homme dont l'esprit & le cœur sont àchaque instant frappés & touchés par desperfections ,!e tous les genres. La stupi-dité, Pinfenfibilité^dePhomme inculte >ofim dúp-iïak peu * peu j d’un animal
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sauvage, il se forme un homme dontî'el-prit est rempli d’agrémens, & dont leciracters inspire l'amitié.
Un sait peu connu, mais qui n’en estpas moins vrai, c’eft que t’homme doit faprincipale institution à l’influence desbeaux-arts. Si d’nn coté j'admire le bonfeus des anciens philosophes cyniques, &.le courage avec lequel ils s’efforqoient defaire rentrer dons l’état primitif de la na-ture inculte, ceux qui étoient nés & quivivoient au milieu d’un peuple livré a»luxe, & plongé dans la mollesse par l’a-hus des beaux-arts , d’un autre coté jefuis indigné de voir Pingratitiuie de cesphilosophes célèbres , qui auroient vouluanéantir 'es beaux - arts auxquels ilsétoient redevables de ce qti’ils avoient deplus précieux. O Diogene , d'où te pro-venait cette stuc plaúanterie que tu exer-qois avec tant d'amertume lùrles sottisesde tes concitoyens ? Ou avois-tu puisé ce.sentiment délicat qni faiíìssoit avec tantde vivacité le moindre ridicule, fût - ilmême déguisé sous les dehors d’une sa-gesse austère ? Comment pouvois-tu , anmilieu d’Athènes ou de Corinthe, con-cevoir le dessein de retourner à l’état depure nature ? N’étoit-il pas absurde devouloir l’introduire dans un pays où lesbeaux-arts avoient déja fait sentir touteleur influence ? II auroit fallu pouvoirauparavant effacer dans les eaux du Lé-thé toutes les impressions que les beaux-arts avoient produites fur ton esprit 8csur ton cœur. Mais alors tu n’aurois plusosé vivre parmi les Grecs : pour .trou-ver une retraite où tu pusses vivre &penser librement selon tes principes , ilne te seroit resté d’autre parti que derouler ton tonneau jusqu’à la horde desScythes la plus méprisable & la plus re-culée. Et toi, meilleur Diogeue, qui visparmi les Grecs modernes, illustre Rous-seau ! avant de Former une accusation pu-blique contre les Muses, tu devois leurrestituer ce que tu tenois d’cUes. Maisalors ton plaidoyer auroit été bien foi-bie ! Ton cœur , fi généreux d’ailleurs,n’a pas senti combien tu devois de recon-noifrànce à celles dont tu ibUicìtoís laproscription.
Les observations précédentes ne con-cernent encore que l’estét le plus univer-sel des beaux-arts en général î effet quiconsiste dans Raffinage d« ce sons moral