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Tome troisieme. APA - ATZ.
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de l’ame un êtr.e purement raisonnable.Leur physiologie étoit parsemée d’images& tie fictions, dont le but ne pou voit êtreque de réveiller le sentiment par la forcede l’imaginatìon: aucun» secte n’aeu plusde foin d’anìmer les oracles de la raison ,par tous les charmes de ('éloquence.

L’homme de la nature n'est qu’un êtregrossièrement sensuel , qui n’a d’autrebut que la vie animale : 1’hsmine desstoïciens, tels qu'ils l’imaginoient fans !pouvoir jamais le réaliser, eût été' la rai-son toute pure , un être toujours occupé jà connoître & n’agissant jamais : l’hom-mc formé par les beaux-arts tient exac-tement le milieu entre ces deux extrê-mes ; il est en même temps intelligent &sensuel ; mais fa sensualité provient d’unesensibilité épurée , qui en fait un êtremoral & actif!

Ne dissimulons cependant rien 7 lesbeaux-urts peuvent aisément devenir per-nicieux â l’homme ; semblables à l’arbredu jardin d’Eden, ils portent les fruitsdu bien & dir mal : ils perdront f hom-me qni en fera un usage indiscret. Unesensualité rafinée a des suites funestes,dès qu’elle n’est pas constamment diri-gée par la raison : les extravagances desenthousiastes, soit qu’ils aient pour ob-jet la politique, Vamout ou h religion ,les écarts d'imagination où donnent lessectes fanatiques, & quelquefois des na-tions entieres, qu’est - ce autre chose quel’eflbr d’une sensualité rafinée , exaltée ,& destituée du frein de la raison ? De lamême source vient encore cette mollessede Sybarite , qui fait de l’homme unecréature foible , dégradée & méprisable.Au fond , c’est une seule & même sensi-bilité qui crée les héros & les fous, lessaints & les scélérats.

Quand l’énergi® des beaux - arts tombeentre des mains perfides, le plus excel-lent des remedes devient un poison mor-tel : car alors le vice reqoít l’a imable em-preinte de la vertu , & l’horfime attirépar ces dehors trompeurs va dans l’é-* tourdissement de l’ivresse se jeter & seperdre dans les bras de la séductrice. IIest donc indispensable de soumettre Rem-ploi & l’usage des beaux-arts à la direc-tion de la raison.

Vu leur extrême utilité , les arts méri-tent que la saine politique les encourageefficacement, les soutienne puissamment,

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& les répande parmi les divers ordres decitoyens j mais à cause du dangereux abusqu’on en peut faire, cette même politiquedoit en resserrer remploi dans les bornesindiquées par leur utilité même.

En premier lieu , à ne considérer queles simples avantages du hon , & lesmaux qu’en traîne nécessairement un goûtdépravé , une législation vraiment sage

I ne devroit permettre à aucun particulierde gâter le goût de ses concitoyens, nipar conséquent de bâtir des maisons oude tracer des jardins assez magnifiques au| dehors & au dedans pour attirer l’atten-tiou , fi d’ailleurs il y régné eu mêmetemps quelque défaut sensible de juge-ment , si l’on y apperqoit, par exemple,des parties ridicules, baroques ou ex-travagantes.

11 devroit être défendu à tout artisted’exercer son art avant d’av.oir donné,outre les preuves de son habileté , despreuves tontes particulières de son ju-gement , & même de la droiture de sesintentions.

Le législaleur doit être convaincu qu’ilest très-important, non feulement que lesédifices & les monumens publics, maisaussi que tout objet visible travaillé parles arts même méchaníques, porte l’em-preinte du bon goût, de la même ma-niéré que l’on veille à ce que, non feu-lement l’argent mon noyé, mais encore lavaisselle ait la marque de sou vrai titre.Un magistrat sage ne se contente pas deprofiter de l’influence des beaux-arts pourrendre 1 plus énergiques & plus avanta-geuses aux citoyens les réjouissances, lesfêtes publiques, & les cérémonies folem-nelles ; il a foin même que chaque fêtedomestique , chaque usage privé conduiseau même but & par la même vqie.

Mais cc qui mérite une attention plusdistinguée de la part de ceux aux foins dequi le bonheur des citoyens est confié,c’est la langue , cet instrument le plusimportant & le plus universel dans nosprincipales opérations. Rien ne préjudi-cie plus à toute une nation qu’un langagebarbare, dur, incapable de bien rendrela délicatesse des sentimens, & la finessedes pensées. La raison & le goût se for-ment & «'étendent dans la même propor-tion dans laquelle la langue se perfec-tionne , puifqu’au fond le langage n’estautre chose que la raison & le goût trans-